Une exploration de divers services d’incendies fait jaser dans l’est des PDH. Photo archives
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Pompiers : La Ville d’Estérel porte plainte à la Commission municipale du Québec

Par Luc Robert - Initiative de journalisme local

Les édiles de la Ville d’Estérel ont appuyé unanimement le dépôt d’une future plainte de leur conseil municipal à la Commission municipale du Québec (CMQ), concernant des supposés « agissements du maire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans le dossier d’un possible regroupement régional des services d’incendie ».

Le maire d’Estérel, Me Frank Pappas, a proposé lui-même la résolution 6.4 en séance ordinaire, lundi dernier. Elle a été appuyée par le conseiller Alain Leclerc. Selon les dires du premier citoyen, la Ville d’Estérel « ne ferait pas partie des négociations pour une éventuelle fusion des services par l’agglomération de Sainte-Marguerite (qui comprend l’Estérel), avec les municipalités d’Entrelacs, de Chertsey et de Notre-Dame-de-la-Merci, situées dans Lanaudière ».

« On fait partie de l’agglomération. On paie la moitié des factures du Service d’incendie, mais on détient une seule voix au conseil d’agglomération de Sainte-Marguerite. On va payer pour la moitié de l’agrandissement de la caserne, c’est parfait. On paie déjà 50 % pour les habits (uniformes des sapeurs), les pauses, les 4 X 4 (VTT), même si on a quoi ? juste un feu par année à l’Estérel pendant qu’il y en a une trentaine partout ailleurs ? (…) Mais là, M. Gilles Boucher, président du conseil, dit que nous sommes seulement qu’un membre. Et bien, nos aviseurs légaux disent le contraire. Comme maire, je suis redevable à mes citoyens pour un impact financier. Il faut que je protège les intérêts de notre ville. Nous envisageons la possibilité de déposer un recours en injonction », a souligné avec vigueur Me Pappas.

Création du provincial

Le conseil d’agglomération compte huit membres autour de sa table : les six conseillers municipaux de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, le maire de cette même municipalité, ainsi qu’un siège pour le maire d’Estérel. Le conseil d’agglomération de Sainte-Marguerite existe depuis 2003, alors que le gouvernement de Jean Charest avait permis les défusions municipales, une option dont s’est prévalue la population d’Estérel par référendum et qui a été rendue effective le 1er janvier 2006. La création du conseil d’agglomération fait partie de l’entente.

« Premièrement, il s’agit d’une fausse interprétation et très exagérée de la part de M. Pappas. Aucune négociation n’est en cours. Comme président de l’agglomération, il est de ma prérogative, tout comme un préfet de MRC peut le faire, d’explorer ce qui se fait dans d’autres secteurs. Nous avons des inquiétudes à la suite de choses qui se produisent ailleurs. C’est pourquoi j’ai répondu à l’appel des mairesses Parent et Joly, de Chertsey et de Notre-Dame-de-la-Merci, pour entendre leur point de vue. Un responsable de pompier par municipalité était aussi présent. Il n’y a aucune décision de prise et une réaction est prématurée. Ce n’est pas parce que tu paies 50 % des frais que ça donnera plus de votes à une municipalité au conseil d’agglomération », a commenté M. Boucher, dans son rôle de président d’agglomération.

Me Pappas est allé plus loin dans le dossier avec son voisin municipal.

« M. Boucher a annoncé lundi passé qu’Estérel serait exclue de toutes négociations. Il n’a pas donné de raison. Ses agissements sont injustes et illégaux. On va porter plainte à la CMQ. Quelqu’un a enregistré la séance d’agglomération et on va s’y fier. De plus, il a tenu des commentaires désagréables envers notre municipalité, en nous qualifiant de suppositoire de Sainte-Marguerite. D’autre part, un expert m’a dit qu’une fusion représente une très mauvaise idée, que des coûts nous concerneraient. »

Conseiller seulement

Visiblement en forme à la séance virtuelle, le maire Pappas en avait long à dire.

« Lors du dernier meeting du conseil d’agglomération, nous avions le même jour la 3e révision du budget de la MRC des Pays-d’en-Haut à travailler. M. Boucher a fixé le rendez-vous le même soir à l’assemblée d’agglomération. J’ai préféré aller à la préparation du budget de la MRC, et dépêcher plutôt notre directrice générale à la réunion d’agglomération. Dix minutes avant le début, Mme Nadine Bonneau s’est fait fermer la porte. On a fait parvenir une mise en demeure, mais l’accès lui est demeuré interdit. On nous a informé que dorénavant, il n’y aura plus d’invitation à l’Estérel », a prétendu Me Pappas.

Gilles Boucher a tenu à préciser certains détails.

« Je vais continuer mon exploration en janvier, en recevant un expert en partenariat, au conseil d’agglomération. D’une part, à la MRC, il s’agissait d’une présentation et non d’un vote. D’autre part, la DG de l’Estérel n’a rien à voir avec l’agglomération. Seul Me Pappas y siège comme conseiller. Je trouve que Me Pappas veut s’ingérer dans tout. J’en ai marre. Il peut aller voir le pape s’il le désire. Sa mesure (à la CMQ) est alarmiste. Je ne veux pas d’une guerre de mots. On ne se laissera pas régenter. Même pour l’agrandissement de caserne, ça a été jugé trop bas à 600 000 $ et nous allons encore travailler là-dessus. Je le répète : aucune décision n’est prise », a assuré M. Boucher.

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