MRC des Pays-d’en-Haut : 8 projets pour faire avancer le Plan climat
Par Alec Brideau
En 2024, la MRC des Pays-d’en-Haut s’est engagée dans l’élaboration d’un Plan climat. Le plan étant présentement partiel, la MRC travaille depuis l’automne dernier sur huit projets prioritaires, financés par le programme Accélérer la transition climatique locale (ATCL) du gouvernement du Québec.
Le but du programme est de soutenir les organismes municipaux, les aidant ainsi dans l’élaboration de plans climat et des actions à faire selon ceux-ci. Les projets, selon la MRC, touchent des secteurs clés liés à l’environnement et à la conception du plan : amélioration des connaissances sur nos milieux naturels, outils de suivi et d’adaptation, formations pour les employés municipaux, études économiques et communication auprès de la population.
Soutien financier
Dans le cadre du programme ATCL, qui découle du Plan pour une économie verte 2030, le gouvernement du Québec finance à 1 232 454 $ l’élaboration du Plan climat de la MRC. Une autre somme de 1 642 813 $, provenant du programme ATCL, sert à la réalisation des huit projets.
Les huit projets
Un total de 16 projets ont été déposés lors du premier appel à programmation, incluant des projets locaux. Sur les 8 projets retenus, 7 sont portés par la MRC et visent un impact régional, au bénéfice des 10 municipalités du territoire. L’autre est un projet mené spécifiquement par la municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs.
Voici les projets retenus :
- Registre des incidents climatiques : Création d’une plateforme collaborative cartographique pour répertorier les événements météo extrêmes sur le territoire.
- Portrait des milieux naturels : Réalisation d’un diagnostic et recommandations de « solutions fondées sur la nature » pour renforcer la résilience des écosystèmes.
- Plan de communication dédié : Élaboration d’une stratégie pour informer et sensibiliser spécifiquement les citoyens aux enjeux climatiques locaux.
- Formation technique pour les employés : Programme destiné aux employés municipaux portant sur les impacts climatiques affectant les infrastructures (routes, ponts, bâtiments).
- Étude d’impacts économiques : Analyse des conséquences financières des changements climatiques sur les activités économiques de la MRC.
- Simulations de crise : Formations et exercices de simulation basés sur le Plan d’adaptation aux changements climatiques (PACC) pour le personnel municipal.
- Planification stratégique 2024 : Élaboration de la programmation officielle des futurs projets issus du Plan climat.
- Projet d’écofiscalité (Sainte-Anne-des-Lacs) : Évaluation de la valeur monétaire des services rendus par la nature (services écosystémiques) pour créer des outils fiscaux innovants.

La préfète Catherine Hamé croit que le projet de Sainte-Anne-des-Lacs, le seul des huit qui est au niveau d’une municipalité et non pour l’ensemble de la MRC, a entre autres été retenu puisqu’il est exportable.
« L’idée, c’est d’essayer d’attribuer une valeur économique à un service environnemental, dit-elle. C’est tellement intéressant. Là, ce qu’ils veulent faire, c’est de voir si nous sommes capables d’attribuer une valeur économique à un arbre. Sainte-Anne-des-Lacs tente de développer un outil qui pourrait faire ça. L’outil pourrait ensuite être exporté à l’échelle régionale. »
À chaque territoire son plan ?
À l’automne dernier, la Municipalité de Morin-Heights s’est dotée de son propre Plan climat. En voyant la MRC des Pays-d’en-Haut adopter, en mars 2025, un Plan d’adaptation aux changements climatiques, la Municipalité a ensuite considéré qu’un plan plus ciblé pour son territoire serait approprié.
« Le plan d’adaptation de la MRC est très technique et volumineux, nous a dit en novembre dernier Jennifer Durand, directrice du service de l’urbanisme et de l’environnement pour Morin-Heights. Il est difficile de s’y retrouver et de cibler ses priorités à travers un plan régional. Nous nous sommes donc demandé comment nous servir de toutes ces informations pour nous adapter afin d’être plus proactif que réactif. C’est à partir de cette réflexion qu’on a décidé d’élaborer notre propre plan. »
Une base
La MRC des Pays-d’en-Haut compte 10 municipalités et chacune présente un territoire et des enjeux environnementaux différents. Mme Hamé se dit consciente de cette réalité.
« Certaines choses dépassent les limites administratives, lance-t-elle. En plus, si une Municipalité trouve que le Plan climat de la MRC ne va pas assez loin, elle peut avoir un plan qui va plus loin. Il faut mettre la lumière sur ces enjeux et encourager à agir localement, car, après tout, ce sont les municipalités qui subissent la majorité des effets des changements climatiques. »
Pour les 10 municipalités, un plan à plus grande échelle vient créer une base sur laquelle se fier. Bien que le plan ne soit pas axé uniquement sur son territoire, des projets comme les sept touchant la MRC, mentionnés plus haut, touchent tous les Pays-d’en-Haut.
Il reste maintenant à voir si les autres municipalités feront comme Morin-Heights et mettront en place leur propre plan climat.