Quand les artistes parlent d’amour

Par claude-andre

Paroles, paroles…

On les croyait morts et enterrés. Relégués aux hurluberlus qui ne jurent que par l’amour courtois d’une époque révolue. Ringards, quétaines, dépassés, ridicules, bref, les mots d’amour ne semblent plus avoir la cote si l’on se fie aux rumeurs de cour d’école et à ce que l’on aperçoit sur certains forums de discussion en ligne.

Bien qu’ils ne soient plus les mêmes depuis Molière et son Dom Juan, Casanova ou Cyrano qui les maniaient comme d’autres l’escrime, les mots bleus, pour reprendre une chanson du Français Christophe, ont et auront toujours la cote dans le cœur des femmes.

S’ils semblaient totalement disparus du radar de la jeune génération — qui ne jurait que par la culture hip-hop et son gangsta rap à la 50 Cent, Eminem ou encore la pornographie qui sert trop souvent d’école sexuelle à de nombreux hommes, et pas qu’aux plus jeunes —, ces mots bleus demeurent encore aujourd’hui les meilleurs alliés des apprentis séducteurs.

Tiraillés entre les gens de ma génération (X) qui ont connu les excès de la rectitude politique et ceux de la jeunesse qui cherche encore lesquels utiliser, les mots d’esprit et d’amour triomphent désormais sur les statuts Facebook.

Et ce sont ceux-là, bien plus que les photos torses nus «look my six pack» qui titillent l’intérêt des femmes et les font basculer à…. l’horizontale.
 C’est ainsi qu’un missile cruise, genre «Madame qui êtes magnifiée d’une envoûtante volupté charnelle, accepteriez-vous que je vous pénétrasse?», pourrait valoir à son auteur une coquine réplique de l’être désiré. Bien plus en tout cas qu’un «Bébé, t’as des belles boules, veux-tu fourrer?»

Car, voyez-vous, tout est dans la manière comme disait Brel.

N’en doutez point les mecs, peu importe ce que vous dites, chantez, réparez, cuisinez, dansez ou écrivez, la femme sait toujours au fond d’elle-même que le but de l’opération consiste à tremper vos lèvres dans ses alcôves enivrantes (à ce sujet, lire l’entrevue avec Roger Tabra plus bas).

Mais hélas, la suspicion ambulante mêlée à cette fameuse rectitude outrageante font en sorte que souvent les mecs, moi le premier, réfrénons nos ardeurs par timidité, par manque d’assurance ou par crainte de passer pour… un demeuré!
 

Pourtant, les femmes elles adorent en général.
 

Un secret

Tiens, je vais vous confier un secret. Bien que plusieurs d’entres elles montent symboliquement aux barricades pour dénoncer le machisme, les femmes apprécient de nombreux aspects de la culture macho.

Je ne parle pas ici de goujaterie ou d’imbécillité, style «Bébé, qu’est-ce que tu manges pour être belle de même?», mais bien de virilité assumée.

D’ailleurs, vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi toutes les célibataires du Plateau Mont-Royal ou du quartier Saint-Louis à Québec s’inscrivent à des cours de danses latines?

Mais oui, pour y trouver l’impression qu’elles sont toujours belles et désirables. Feeling que leur procure ces valeureux Latinos via le regard, les invitations à danser mais aussi, bien sûr, les mot.

C’est qu’ils ont une longueur d’avance sur nous, pauvres Occidentaux caucasiens, les bougres venu des Amériques: ils apprennent cela dès l’âge tendre!

En Argentine, ils appellent ça les piropos. En français, on pourrait le traduire par du «rentre-dedans». Le Larousse bilingue l’énonce ainsi: «Familier. Compliment, galanterie [surtout dans la rue]. Dire des galanteries, lancer des compliments.» Mais on les retrouve aussi au Mexique, en Espagne et dans d’autres pays, comme la Grèce ou la Turquie sous d’autres noms.

Des piropos peuvent donc être balancé par un inconnu dans la rue, un garçon qui voudrait une aventure certes, mais, qui sait, devenir le petit ami voire le mari de la belle inconnue.
 

Car il faut bien commencer à quelque part… 

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