Radiothérapie à Laval

Radiothérapie à Laval
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«L’Hôtel-Dieu n’était pas prêt», dit David Whissel

À quelques jours de la Journée mondiale contre le cancer, la région subit un véritable électrochoc. Lundi, la Cité de la Santé de Laval a damé le pion à Saint-Jérôme en obtenant le financement nécessaire pour réaliser son centre de radiothérapie. Autopsie du dossier.

Voulant légitimer la décision de son chef, le député d’Argenteuil, David Whissel, a déclaré que l’Hôpital régional, devait d’abord consolider ses acquis. «L’hôpital a beaucoup de travail à faire avant de devenir plus performant. Le ministère a constaté bien des lacunes mais ça, les dirigeants de l’hôpital ne vous le diront pas», a ajouté le président du caucus et leader parlementaire à l’Assemblée nationale, comme pour expliquer le volte-face du gouvernement dans le dossier. Évoquant tout de même la déception, M. Whissel a souligné que les Laurentides avaient obtenu beaucoup depuis que son gouvernement avait repris la barre du pouvoir. «On a investi 30% de plus dans la santé en trois ans dans la région. C’est plus que ce que les Péquistes ont fait en 9 ans. Et tout de suite après l’élection de 2003, on s’est empressé de débloquer des fonds pour la nouvelle urgence de l’Hôtel-Dieu.» (rebaptisée depuis Hôpital régional). Le député d’Argenteuil a ajouté que le nord de Montréal a été particulièrement choyé en santé; 40 M$ à l’hôpital de Saint-Eustache, 20 M$ à Argenteuil, 14 M$ pour l’urgence de l’Hôpital régional, à qui il a promis un autre 14 M$ pour un projet de consolidation. «Si je l’annonce avant les élections, Mme Papineau va me condamner, mais j’en ai parlé à M. Ruel (président du conseil d’administration de l’hôpital)», a précisé M. Whissel qui prétend que la décision est davantage question d’équité que couleur politique.

«Cancer politique», dit Papineau

En entrevue, Lucie Papineau avait du mal à contenir sa colère. «Ça m’écoeure! C’est scandaleux! M. Whissel n’a pas été capable de se lever pour les Laurentides. Tout le monde a travaillé sur ce dossier : les municipalités, les aînés, même les associations libérales de chaque comté nous ont appuyé!. Je vois encore mon mari, avec son petit lunch sur ses cuisses et le bassin à côté, au cas où il aurait mal au cœur. À la fin, il ne voulait plus faire le voyage tellement il était malade. Ils sont inhumains!», a lancé la députée de Prévost.

Pour ajouter à son exaspération, Mme Papineau a poursuivi son plaidoyer en déclarant que les Laurentides ont le plus haut taux de cancers au Québec, que l’achalandage de l’autoroute 15 augmente à un rythme de 10 à 15 % par année depuis l’an 2000 et que de gros chantiers routiers sont à prévoir. Comme bien d’autres intervenants dans le dossier, elle a promis qu’on n’a pas fini de l’entendre.

Abattu, la mine déconfite, le directeur général de l’Hôpital régional n’a pas su trouver d’explication valable à ce changement de cap. D’autant que cette décision fait craindre le pire aux administrateurs de l’établissement, qui travaillent depuis longtemps à d’autres projets aussi cruciaux à leurs yeux. «Si on ne veut pas hypothéquer la vocation régionale de l’hôpital, il est impératif d’augmenter l’activité chirurgicale et d’offrir de nouveaux espaces à nos patients en perte d’autonomie et en psychiatrie», a déclaré Claude Blais.
«C’est une insulte pour la région», a clamé le président du caucus péquiste laurentien. «Les Libéraux viennent aggraver l’iniquité qui sévit dans les Laurentides», de dire Richard Legendre. Le préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, Charles Garnier, ne s’est pas gêné pour dire tout haut ce que plusieurs n’osaient évoquer: «C’est une décision typiquement politique. Tout le monde avait endossé le projet. Les 83 municipalités des Laurentides avaient signé des résolutions en ce sens».

Humilité à Laval

Au contraire de la coordonnatrice du programme de lutte contre le cancer, Louise Villeneuve, qui se vantait du fait que la Cité de la Santé avait «un excellent dossier», le nouveau directeur général du CSSS de Laval, Luc Lepage, tentait de présenter les choses avec humilité. Selon lui, le fait que son prédécesseur en poste soit devenu sous-ministre à la Santé n’a pas joué dans la balance, mais il admet que le dossier était «très politique»: «Mme Courchesne a fait un travail extraordinaire de représentation. Et avec un plan d’effectifs médicaux complet, une équipe jeune, la Cité de la Santé possède toutes les infrastructures connexes pour recevoir ce type d’équipement», a-t-il confié.

Le projet de 30 M$ entend réunir sur un même plancher tous les services de cancérologie, du dépistage au post-traitement, «une unité unique au Québec», a précisé le directeur du CSS, qui entend faire tout en son pouvoir pour continuer d’accommoder pleinement les patients des Laurentides.

Bas de vignette :

Abattu, la mine déconfite, le directeur général de l’Hôpital régional n’a pas su trouver d’explication valable à ce changement de cap.

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« On est en deuil, comme les 40 000 personnes qui ont signé pour obtenir la radiothérapie ici», a déclaré Rita Maurice, militante au sein de la Table de réflexion et d’action de retraités et d’aînés (TRARA) depuis 1999 à l’origine de la pétition.

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