(Photo : Nordy - Sébastien Fleurant)
Le site de dépôt à neige de Saint-Sauveur est situé sur le chemin Jean-Adam.
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Saint-Sauveur n’a plus de place pour la neige des commerçants

Par Marie-Catherine Goudreau

Les déneigeurs des commerces de Saint-Sauveur ne pourront plus aller porter leur neige dans le site de dépôt à neige de Saint-Sauveur pour l’année 2024. Ils devront maintenant se rendre dans un site privé dans le secteur de Saint-Jérôme et Mirabel. Plusieurs commerçants déplorent cette situation qui crée des hausses de coûts significatives pour eux en hiver.

« Je dois faire plus de 50 voyages de neige pour un hiver comme le dernier. Imaginez ce que ça va me coûter en temps si je dois aller à Saint-Jérôme. On ne parle plus de 100 $, mais plutôt 500 $ du voyage. Un commerce comme le mien, on parle d’une dépense de 25 000 $ sans avertissement. Il faudrait peut-être revoir [le règlement] », a souligné le propriétaire du Pub St-Sau, Hugues Néron, lors de la séance du conseil du 20 novembre.

André Chesnay, propriétaire d’une trentaine d’immeubles à Saint-Sauveur, déplore aussi cette hausse des coûts, qui va se refléter sur les locataires et les commerçants du village. « On remet ça sur le dos des propriétaires. Mais on n’a pas de budget pour ces coûts, en plus de nos taxes, déjà très élevées », dit-il.

« On n’accepte pas ça, on ne peut pas payer ça. […] C’est un problème majeur et non mineur », soutient-il. M. Chesnay croit que cette situation aura un impact sur les loyers qui seront plus élevés qu’ils ne le sont déjà à Saint-Sauveur, dit-il.

Flou dans les communications

Du côté du conseil municipal, les membres vont analyser la situation, mais n’ont pas encore pris de décision. Le directeur général, Jean-Philippe Gadbois, affirme que la Ville a plutôt envoyé la lettre cet été aux entrepreneurs en déneigement, mais que les commerçants l’ont appris seulement récemment, en recevant leur facture de déneigement pour l’hiver à venir.

« En janvier 2023, on a remarqué qu’on avait déjà atteint la capacité du dépôt à neige. On a avisé les entrepreneurs qu’on n’accepterait plus de neige et ils ont réagit alors on a changé notre fusil d’épaule », explique-t-il. La Ville aurait donc réécrit aux entrepreneurs en déneigement au mois de juin pour les aviser qu’ils n’accepteraient plus la neige, mais les propriétaires d’immeubles et de commerces ne l’ont appris que récemment.

Dans une impasse

La Ville ne veut pas accepter plus de neige pour des enjeux de santé et sécurité. « Ça fait deux années qu’il y a un glissement de la montagne de neige et qu’une machinerie se fait pousser par la neige. Ça pourrait être très dangereux », indique M. Gadbois. Alors que la limite est de 160 000 mètres cubes pour ce site de dépôt à neige, on a accepté 187 000 mètres cubes de neiges l’année dernière.

Depuis quelques années, les municipalités sont en charge de déneiger les glissières de sécurité sur les routes. « Ce sont des grosses opérations de neige à transporter », indique M. Gadbois. Puis, avec les nombreux redoux en hiver, il est plus difficile d’entasser et d’empiler la neige qui ne tient pas toujours, poursuit-il.

Est-ce que la Ville évalue la possibilité d’agrandir le site ou d’en avoir un autre ? « On ne peut pas l’agrandir, car le site est entouré de milieux humides. Toutefois, on cherche activement pour un autre endroit, mais on ne trouve rien à l’heure actuelle dans le même secteur. C’est ce qui a mené à cette décision de refuser la neige », rapporte le directeur général.

Le conseil municipal prévoit reparler de cet enjeu d’ici le prochain conseil.

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