(Photo : Médialo - Louis-Philippe Forest-Gaudet)

Saint-Sauveur  : la soirée où la salle a parlé au conseil

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

La séance du conseil municipal du 18 février à Saint-Sauveur a pris un tournant émotif lors de la période de questions, alors que des commerçants ont demandé le maintien intégral du financement accordé à la Chambre de commerce pour 2026.

Une séance technique, puis électrique

La rencontre s’est amorcée de façon relativement classique, avec l’adoption de résolutions administratives, le dépôt de documents financiers et des points d’information.

Mais à la dernière période de questions, la dynamique a changé. La salle était pleine. Plusieurs personnes sont restées debout. Les interventions au micro ont été ponctuées d’applaudissements et de commentaires d’appui. Le climat est demeuré respectueux, mais la mobilisation était évidente.

Une demande claire, maintenir le financement

Au cœur des interventions, une demande simple : conserver le statu quo budgétaire pour la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur et Piedmont.

Monsieur Patrick Legault, un citoyen, a rappelé que les événements génèrent d’importantes retombées économiques. « Chaque dollar investi peut rapporter plusieurs dollars en retombées pour les commerces », a-t-il soutenu, demandant que les décisions s’appuient sur des données claires.

Guillaume Chazal, propriétaire de Pascal Le Boulanger, a insisté sur l’impact direct. « Lors des festivals et des grands week-ends, on parle d’augmentations significatives du chiffre d’affaires. Ce sont des emplois qui dépendent de cette vitalité », a-t-il affirmé.

Guy Thibaudeau, président du conseil d’administration du Musée du ski des Laurentides, est aussi intervenu pour rappeler le rôle historique et identitaire de l’institution. Il a soutenu que le musée, fondé en 1982, constitue le seul lieu culturel permanent consacré à l’histoire du ski dans la région. Il a prévenu qu’une réduction importante du soutien financier pourrait compromettre ses opérations et menacer la conservation de ce patrimoine. « Le musée du ski n’est pas un luxe. Il est le gardien de qui on est à Saint-Sauveur », a-t-il affirmé.

Culture ou sport

Interpellé à plusieurs reprises, le maire Luc Martel a défendu la nécessité de prioriser dans un contexte de contraintes financières. « Notre devoir, c’est d’être de bons gestionnaires de l’argent public », a-t-il rappelé. Après la séance, il a développé sa vision au journaliste sur place. Selon lui, « en règle générale, les gens viennent s’installer ici pour le sport et le plein air ». Il a ajouté que, si une personne souhaite une offre culturelle significative, Montréal offre cette réalité-là.

Le maire affirme toutefois chercher un équilibre, mais reconnaît avoir tendance à « développer davantage les infrastructures sportives ».

Dialogue à venir

La Ville soutient ne vouloir abolir aucune activité, mais demande à la Chambre de moderniser son modèle financier et de diversifier ses revenus.

Du côté des commerçants, le message est clair : avant toute transformation, ils souhaitent le maintien du financement actuel et une analyse plus poussée des retombées.

Entre rigueur budgétaire et défense de la vitalité commerciale, le débat s’est déplacé de la salle du conseil vers l’espace public. Et il semble loin d’être terminé.

Repères budgétaires

  • La contribution municipale à la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur et Piedmont passe d’environ 525 000 $ à 325 000 $ en 2026, soit une réduction d’environ 200 000 $, selon les informations présentées lors de la séance.
  • Concernant le Musée du ski des Laurentides, la Ville affirme maintenir une aide totale de 80 000 $ en 2026, en rappelant qu’une somme exceptionnelle de 70 000 $ avait été versée l’an dernier pour soutenir l’organisme, une lecture contestée par les représentants du musée.

    Séance du conseil de la Ville de Saint-Sauveur durant laquelle plusieurs commerçants de la Vallée de Saint-Sauveur-Piedmont se sont fait entendre.

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