Marcher pour se rendre à l'école Saint-Joseph « fait très peur », en raison des trottoirs étroits et des camions qui passent sur le chemin Pierre-Péladeau. Crédit : Nordy - Sébastien Fleurant
|

Sainte-Adèle : Mobiliser les citoyens autour de la mobilité active

Par Simon Cordeau

« À 15 minutes à pied à Sainte-Adèle, il y a beaucoup de services. Mais pour l’instant, c’est très dangereux de se déplacer à pied ou en vélo pour aller à l’épicerie ou au parc », illustre Karine Théorêt. C’est pourquoi, avec les citoyens Mélanie Le Page, Véronique Richard et Armel Cloarec, elle a mis sur pied l’organisme Mobilité active Sainte-Adèle (MASA) et son groupe Facebook.

« On veut rassembler les gens autour des enjeux de mobilité active : pour circuler à pied, profiter des commerces locaux, permettre aux personnes plus âgées et aux enfants d’être autonomes et de profiter des services de la ville », plaide Karine. Avec MASA, elle souhaite rendre la mobilité active sécuritaire et conviviale à Sainte-Adèle.

Profiter du village

Karine Théorêt et Véronique Richard de Mobilité active Sainte-Adèle (MASA). Courtoisie

« On s’est rencontrés parce qu’on vivait les mêmes enjeux », raconte Véronique Richard à propos de la naissance de MASA. « On habite presque au centre du village, on a ce désir-là de marcher plus, de prendre notre vélo, que nos enfants se rendent à l’école en vélo. Et ce n’est pas dans le réflexe des gens. La voiture est le premier réflexe, même pour les courtes distances. Et les aménagements actuels ne sont pas agréables. »

Véronique donne l’exemple de l’école Saint-Joseph, sur le chemin Pierre-Péladeau. « J’ai choisi d’habiter à distance de marche de l’école. Et lors de mes premières expériences, j’ai eu vraiment peur. Le trottoir est très étroit et un peu démantibulé. Et il y a de gros véhicules qui passent. » Karine ajoute que le problème est le même près de l’école Chante-Au-Vent. « Les gens de Mont-Rolland ne laissent pas leurs enfants marcher tout seul. »

La mère aimerait pouvoir laisser ses enfants se promener « sans avoir peur », pour aller à l’école ou au parc. « Mais les artères routières prennent beaucoup de place, même au niveau sonore et visuel. »

Convaincues qu’elles ne sont pas les seules, elles ont donc créé un groupe Facebook « pour tendre une main ». « On veut aller chercher ces personnes-là et créer un petit mouvement. On veut rendre notre village plus sécuritaire, convivial et dynamique. L’objectif est de nous réapproprier les espaces publics et de se croiser dans la rue. »

Vers la densité

Selon Karine, il y a un momentum actuellement, alors que Saint-Sauveur et Sainte-Agathe-des-Monts se sont munies d’un plan de mobilité active, et que Sainte-Adèle consulte présentement sa population à ce propos. « On a un peu l’impression que le sujet est pris en main dans la région. »

Surtout, avec la volonté des municipalités de densifier davantage les noyaux villageois, une réflexion sur la place de l’auto s’impose, croit-elle. « Il va falloir mettre plusieurs logements sur un territoire où la voiture est déjà à son maximum. Comment va-t-elle faire les prochains aménagements pour qu’ils soient favorables à une ville saine ? »

Mais pour que les citoyens délaissent leur voiture, il faut multiplier les alternatives, souligne Véronique : des trottoirs plus larges, des pistes cyclables ou l’accès à des vélos électriques en partage, par exemple.

Un mouvement positif

Avec ce mouvement citoyen, Karine et Véronique veulent transformer les choses « de façon positive ». MASA organise déjà un Tour du Silence le 15 mai. Il s’agit d’un événement mondial qui rend hommage aux cyclistes décédés dans des accidents de la route. Celui de Sainte-Adèle partira à 18 h de la Place des citoyens et offrira deux circuits, de 3 ou 9 km. L’événement se veut « populaire » et accessible à tous. Les citoyens qui souhaitent participer peuvent s’inscrire d’avance, et peuvent même réserver un vélo électrique.

Ce sera aussi l’occasion de sensibiliser la communauté au partage de la route. « C’est probablement l’aspect le plus important », souligne Véronique. « Le problème ici, c’est que la route n’est pas si adaptée que ça. Les autos ne sont pas habituées. Il faut changer de mentalité. Il y a de la place pour tout le monde. Ce n’est pas l’un contre l’autre : il s’agit plutôt de vivre ensemble. »

NOUVELLES SUGGÉRÉES

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *