Sainte-Adèle reconnaît le ski de fond nordique comme patrimoine immatériel
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
La séance du conseil municipal de Sainte-Adèle du 16 février a été marqué par l’identification de la pratique du ski de fond nordique comme élément du patrimoine immatériel de la Ville.
On a rappelé que cette tradition est ancrée à Sainte-Adèle depuis le début du 20ᵉ siècle. Des pionniers comme Émile Cochand, fondateur du Chalet Cochand en 1911, ont contribué à structurer les premières infrastructures et à promouvoir la discipline dans les Laurentides.
Concrètement, cette reconnaissance ne change rien à la pratique elle-même. « On va pouvoir continuer à en faire », a précisé la mairesse Nadine Brière en entrevue. L’objectif est plutôt de se doter d’un outil supplémentaire lors de discussions avec des promoteurs ou des propriétaires privés. « Quand on leur explique qu’une piste est là depuis plus de 100 ans, souvent ça fait une grosse différence. »
Dans un contexte de pression immobilière et de méconnaissance de certains droits de passage, la Ville souhaite ainsi mieux protéger un réseau majoritairement situé sur des terrains privés. La reconnaissance patrimoniale servira aussi d’appui à de futures démarches pour inscrire certains tracés au patrimoine matériel. Une séance publique du comité du patrimoine est d’ailleurs prévue le 8 avril à la Place des citoyens à ce sujet.
Un encadrement plus serré pour les nouveaux sentiers
Lors du conseil, les élus ont également adopté une nouvelle procédure d’approbation des sentiers de plein air. Désormais, toute création ou modification de sentier devra être soumise au Service des loisirs.
L’objectif est d’éviter que des initiatives individuelles, même bien intentionnées, entraînent du déboisement non autorisé ou des aménagements sur des terrains privés sans droit de passage clair. « On veut avoir un œil un peu plus attentionné », a résumé la mairesse.
Dans les faits, l’organisme Plein air Sainte-Adèle (PASA), déjà responsable de l’entretien et du développement du réseau officiel, sera directement visé par ce protocole. Le directeur des loisirs pourra analyser les projets et, au besoin, les soumettre au conseil municipal.
Entretien des bâtiments : adoption du règlement 1314-2026-OEB
Le conseil a aussi adopté le règlement 1314-2026-OEB relatif à l’occupation et à l’entretien des bâtiments, dans la foulée d’exigences gouvernementales en matière de protection patrimoniale.
À Sainte-Adèle, tous les bâtiments construits avant 1964 – soit environ 1200 immeubles, représentant plus de 12 % du parc immobilier – sont donc désormais considérés comme ayant une valeur patrimoniale. Ils ne sont pas automatiquement cités, mais leurs propriétaires devront assurer un entretien adéquat et passer par un comité de démolition en cas de projet de démolition.
La mairesse a reconnu que la mesure suscite des préoccupations. « Ça a du bon comme ça a du mauvais », a-t-elle admis, évoquant la lourdeur administrative et les inquiétudes de certaines personnes.
Le règlement vise notamment à éviter les cas de « démolition par négligence », où des bâtiments sont laissés à l’abandon jusqu’à devenir irrécupérables. La Ville affirme vouloir appliquer le minimum exigé pour l’instant et ajuster le tir au besoin.