Sainte-Adèle : le dossier du Chantecler avance
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
Le dossier du Chantecler évolue à Sainte-Adèle. Dans une récente publication sur Facebook, la mairesse Nadine Brière affirme que les discussions avec le propriétaire sont bonnes et que le dialogue se déroule de façon transparente.
Selon les échanges avec lui, le promoteur souhaiterait revenir essentiellement aux projets déposés en 2020. « Je ne peux pas rentrer dans les gros détails », précise toutefois la mairesse en entrevue, rappelant qu’aucune demande officielle n’a encore été soumise à la Ville.
Rappelons qu’en juin 2025, la Ville a présenté un concept de Plan particulier d’urbanisme (PPU) pour ce secteur de 247 hectares, évoquant la possibilité d’y aménager jusqu’à 1 300 nouvelles portes. Cette densification a suscité de grosses réactions. Certains citoyens ont exprimé des inquiétudes quant aux impacts sur les infrastructures, la circulation et l’environnement, notamment autour du lac Rond.
Quelques semaines plus tard, la fermeture des sentiers de plein air par le propriétaire a accentué le mécontentement. Pétitions, demandes de référendum et critiques publiques ont mené à une pause du processus entourant le PPU.
Les grandes lignes envisagées
Dans le scénario actuellement évoqué, on retrouverait le projet Lux Gouverneur, soit une résidence pour personnes âgées à l’emplacement de l’ancien hôtel, intégrant les condos de la Seigneurie. S’ajouteraient des mini-maisons locatives sur les montagnes 2 et 3, avec maintien d’espaces de plein air, des résidences unifamiliales dans le secteur de la montagne 4, ainsi qu’un multiplex à l’emplacement des anciennes écuries.
À l’exception du Lux Gouverneur, aucune modification de zonage ne serait requise. Pour ce projet, une modification avait déjà été accordée en 2020 par Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI), notamment quant au nombre d’étages en fonction de la topographie, mais elle devra être revue.
Un enjeu plus large demeure toutefois lié au périmètre urbain. Une portion des terres du Chantecler a récemment été incluse dans ce périmètre, intégré au schéma d’aménagement de la MRC. « S’il veut revenir à ses premiers projets, il y a une possibilité qu’on doive sortir du périmètre urbain, donc on doit rejouer dans le schéma d’aménagement de la MRC », explique Mme Brière.
Trouver l’équilibre
La mairesse reconnaît que plusieurs auraient préféré voir le site préservé intégralement en espace vert. « Comme plusieurs d’entre vous, j’aurais souhaité conserver le Chantecler entièrement en espace vert et en plein air. Toutefois, ce scénario n’est malheureusement pas possible. Le propriétaire est dans son droit de procéder à un développement », écrit-elle sur Facebook.
Elle rappelle que la Ville ne peut pas « brimer un propriétaire dans son droit de développer ». Son levier d’action demeure la réglementation et la négociation. « On peut travailler avec le propriétaire en lui démontrant qu’il y a une plus-value de conserver des sentiers, de conserver des espaces verts », soutient-elle. Selon elle, l’enjeu est de concilier protection de l’environnement et accès au logement, sans provoquer une hausse excessive des coûts qui limiterait l’accessibilité pour les jeunes familles.
Des retombées espérées
Mme Brière voit aussi dans ces projets un potentiel levier économique et touristique. Les mini-chalets locatifs pourraient attirer des visiteurs pour des séjours de courte durée, qui fréquenteraient les sentiers et les stations de ski de la région, tout en générant des retombées pour les commerces locaux.
« On a besoin d’avoir un peu un développement touristique autant au niveau des revenus que pour une ville, que des retombées économiques importantes pour les commerçants de Sainte-Adèle et de la région aussi », affirme-t-elle.
La mairesse assure vouloir préserver « l’ADN plein air », la santé du lac et la qualité de vie. Pour l’instant, aucun projet n’a été officiellement déposé, mais le dossier devrait progresser au cours des prochaines semaines.
