Siège social de la MRC : un projet qui divise
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Le projet de nouveau siège social de la MRC des Pays-d’en-Haut, envisagé à Saint-Sauveur, met en lumière des tensions politiques et territoriales qui dépassent largement la seule question de l’architecture.
La MRC des Pays-d’en-Haut souhaite regrouper ses quelque 50 à 55 employées et employés dans un siège social permanent, alors que ses bureaux actuels sont jugés inadéquats. Le projet repose sur un montage financier incluant une subvention provinciale partielle, accordée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Les montants exacts n’ont pas été rendus publics. Selon les informations disponibles, l’aide gouvernementale représenterait plusieurs millions de dollars, conditionnels à des échéanciers précis. Tout retard pourrait forcer une révision complète du projet, notamment en raison de l’entrée en vigueur prochaine de nouvelles normes du Code du bâtiment.
Saint-Sauveur serre la vis
La Ville de Saint-Sauveur a adopté une résolution unanime rappelant que la vente du terrain à la MRC ne constituait pas une approbation automatique du projet tel que présenté.
Le maire Luc Martel affirme soutenir le principe d’accueillir le siège social, tout en rejetant la version actuelle du concept. « Nous voulons travailler avec la MRC, mais le projet doit être revu. Son ampleur, les travaux de déblai et de remblai, le déboisement et les stationnements projetés soulèvent des enjeux environnementaux, paysagers et sociaux trop importants », soutient-il.
La Ville évoque également des enjeux de circulation et de sécurité, dans un secteur déjà sensible, ainsi que la nécessité de mieux arrimer le projet avec les réalités contemporaines, dont le télétravail.
Des critiques ailleurs dans la MRC
Au conseil des maires, la position de Saint-Sauveur ne fait pas l’unanimité. Sans que des municipalités se soient exprimées publiquement à ce stade, certaines voix au sein de la MRC s’inquiètent des impacts financiers et politiques d’un changement de cap à cette étape du projet, alors que des sommes publiques ont déjà été engagées.
D’autres élus régionaux s’inquiètent des impacts d’un possible déplacement du projet, tant sur le plan financier que sur la confiance entre les municipalités membres. La crainte d’un précédent plane: si un projet d’envergure peut être remis en question à cette étape, certains redoutent un affaiblissement de la cohésion régionale.
Une réévaluation assumée par la MRC
La préfète Catherine Hamé reconnaît que la situation est délicate, mais insiste sur la prudence. « Les nouvelles exigences doivent être évaluées pour déterminer les impacts sur la faisabilité du projet. Notre priorité demeure de protéger les fonds publics engagés et de préserver la subvention associée », affirme-t-elle.
La MRC se dit ouverte à revoir le concept, voire à analyser d’autres scénarios, sans toutefois s’engager sur un changement de site à ce stade.
Des images encore exploratoires
Les visuels qui circulent actuellement sont des ébauches conceptuelles. Aucun concept final n’a été adopté, et plusieurs paramètres, dont la volumétrie, l’implantation et les usages, demeurent à définir.
Encadré?
Ce qu’on sait / ce qui reste à trancher
Ce qu’on sait
- Le terrain a été vendu par Saint-Sauveur à la MRC, sans approbation automatique du projet.
- Une subvention provinciale partielle est associée au projet, avec des échéanciers serrés.
- Le concept actuel est jugé trop imposant par la Ville.
- Des municipalités membres expriment des inquiétudes quant aux impacts politiques et financiers.
Ce qui reste à trancher
- Le maintien ou non du projet sur le site actuel.
- La possibilité d’un redimensionnement majeur du bâtiment.
- La capacité de préserver la subvention gouvernementale.
- Les effets à long terme sur la confiance entre les municipalités de la MRC.