Stéphane Lalande au centre d’une affaire troublante

Stéphane Lalande au centre d’une affaire troublante
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Le directeur du CLD des Pays-d’en-Haut

Stéphane Lalande, directeur général du CLD des Pays-d’en-Haut, est au centre d’une affaire troublante, suggérant qu’il a tenté de soutirer, sous de faux prétextes, un montant d’argent à une entrepreneure de la région.

Assigné comme témoin par voie de subpoena dans une cause opposant Josée Duval, une entrepreneure de la region, à un de ses fournisseurs, Stéphane Lalande aurait par la suite exigé des dédommagements financiers pour sa présence en cour, et ce, au nom de son comité exécutif. Or, le maire de Sainte-Adèle Jean-Paul Cardinal, également président du conseil d’administration du Centre local de développement des Pays-d’en-Haut est formel: «Le conseil exécutif n’a jamais donné le mandat à Stéphane Lalande d’exiger des remboursements à Mme Duval.»

C’est à l’occasion d’un échange de courriel avec l’entrepreneure que le directeur du CLD a formulé sa singulière demande: «Compte tenu que j’ai dû passer une journée complète en cour, mon conseil exécutif s’attend à un dédommagement pour

le temps passé à l’extérieur de mes fonctions. Je t’invite à nous faire une proposition que je soumettrai à mes membres.»

Charles Garnier, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut, également membre du conseil d’administration, est lui aussi catégorique: «Il n’a jamais été question d’exiger des remboursements à Mme Duval.» Avec une colère à peine voilée, il ajoute: «Ce qui m’irrite le plus, c’est que M. Lalande affirme que son conseil exécutif s’attend à un dédommagement alors que c’est totalement faux!»

Outrée, l’entrepreneure s’exprime: «J’étais consternée par la demande de Lalande. J’avais peine à croire ce que je lisais. Lorsqu’un employé reçoit un subpoena, l’employeur doit le libérer afin qu’il exerce son devoir de citoyen.» De plus, la demande du directeur est formulée en des termes vagues, invitant l’entrepreneure à «faire une proposition», alors que l’évaluation des coûts reliés à sa présence en cour peut s’établir de manière simple. Notons que M. Lalande a touché son plein salaire durant cette journée.

Dans sa réponse au directeur, Mme Duval exprime clairement sa position: «Tu as reçu un subpoena, qui selon la loi, exige de ton employeur que tu sois payé comme d’habitude pour aller faire ton devoir de bon citoyen. Et en plus, tu viens me quêter de l’argent. Le CLD est un organisme qui est censé aider les jeunes entrepreneurs et ceci en faisait partie. Je suis très déçue, voire même outrée, de ta réponse.» Dans le dernier courriel d’une série de quatre, Stéphane Lalande dit ne pas comprendre l’attitude de l’entrepreneure ni son refus d’accepter de payer le dédommagement exigé. Il mentionne également qu’il a agi à titre d’expert, information contredite par Josée Duval qui confirme que M. Lalande a agi comme simple témoin, information validée auprès d’autres intervenants dans ce dossier. Le courriel du directeur se termine ainsi: «Je mentionnerai votre réponse à notre conseil exécutif et nous prendrons les décisions qui s’imposent.»
«Encore des mena­ces», lance Mme Duval. En effet, à la lumière des déclarations des mem­bres du conseil d’administration, l’allusion à des «prises de décisions qui s’imposent», soulève des ques­tions, puisque nous savons que Stéphane Lalande n’a jamais, comme il le prétend, reçu le mandat d’exiger des dédommagements à Josée Duval. Informé de la position des membres de son conseil d’administration, le directeur du CLD est resté muet à la question: «Est-ce exact que vous avez, de votre propre initiative et au nom de votre conseil exécutif, exigé des dédommagements à Josée Duval?» La question lui a été posée à quatre reprises durant l’entrevue téléphonique…Mis au courant de la démarche de Mme Duval auprès d’Accès, le directeur s’est empressé de communiquer par téléphone avec cette dernière afin de la prévenir qu’elle commettait une faute en divulguant le contenu de son courriel. Selon Mme Duval, le directeur du CLD aurait même fait allusion à de possibles sanctions si elle en dévoilait le contenu. Mme Duval souhaite rendre l’affaire pu­blique, car elle dit en avoir assez des jeux de coulisses. Elle souhaite que sa démarche incite d’autres personnes qui sont peut-être, comme elle, victimes de ce qu’elle qualifie de «tentative d’extorsion», à dénoncer ce genre d’abus. Elle souhaite également que les membres du conseil d’administration du CLD prennent leurs responsabilités et imposent des sanctions au directeur du CLD: «Il doit être sanctionné en fonction de la sévérité de ses gestes, afin que d’autres, plus vulnérables que moi, ne vivent pas la même expérience.»

Pour sa part, le préfet Garnier ne nourrit aucun doute quant à la signification du geste du directeur du CLD et affirme qu’il livrera sa position officielle lors du prochain conseil d’administration. Les commentaires du maire Cardinal sont eux aussi sans équivoque: «M. Lalande a pris une malheureuse initiative. Son geste va faire une tache à son dossier et sera pris en compte lors de sa prochaine évaluation annuelle. Il devra de plus s’expliquer devant le conseil, mais aussi auprès de Mme Duval.» La prochaine réunion du conseil est prévue pour le début du mois de septembre prochain.

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