Aide alimentaire : rupture du service de livraison

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Aide alimentaire : rupture du service de livraison

Françoise Le Guen

Garde-Manger des Pays-d’En-Haut

Depuis fin janvier, le Garde-Manger des Pays-d’en-Haut ne livre plus l’aide alimentaire à une population défavorisée et en perte d’autonomie. La cause ? Le manque de bénévoles.

Une bénéficiaire de ce service qui souhaite garder l’anonymat déplore la situation. « Le Garde-Manger livrait à la maison l’aide alimentaire aux personnes handicapées et malades tous les mercredis. Depuis fin janvier, je peux passer trois semaines sans rien recevoir. Je suis très insécure, le frigidaire est presque vide! » L’organisme n’arrive pas à trouver de livreur, nous dit-elle. « J’ai appelé pratiquement toutes les semaines. Ça ne bouge pas. Je n’ai pas la capacité d’aller au sous-sol de l’église. Ça fait des années que je me fais livrer la marchandise. Je n’ai pas d’auto, je ne peux pas transporter de choses lourdes. Nous sommes pénalisés. »

Cette dernière ajoute que c’est la travailleuse de rue de Saint-Sauveur, de L’Écluse des Laurentides, qui la suit depuis plus d’un an qui va lui chercher une boîte quand elle le peut et lui donne un coup de main pour l’aider à faire ses courses.

En voie d’être réglé

Carole Legault, la directrice générale du Garde-Manger, confirme qu’il y a bien un arrêt des livraisons à cause d’un manque de personnel. « On est en train de régler le dossier, affirme-t-elle. On a rencontré des bénévoles, le processus est en cours. Et il y a quelques personnes qu’on a été capable de servir. » Cette dernière évoque l’hiver très difficile. « On n’avait pas de bénévoles qui voulaient le faire cet hiver. Des gens demeurent au deuxième étage et ce n’était ni déglacé, ni déneigé. Certains stationnements ne l’étaient pas non plus. Il faut veiller à leur sécurité, à ce qu’ils ne se blessent pas. »

La directrice rappelle que la livraison s’adresse uniquement aux personnes en perte d’autonomie. « C’est un dossier très délicat. Il faut avoir confiance dans les bénévoles qui vont effectuer des livraisons chez ces personnes. Ils doivent avoir un permis de conduire, ne pas avoir d’antécédents judiciaires, et posséder la force physique pour pouvoir porter des charges lourdes. »

Carole Legault rappelle que la livraison ne fait pas partie de la mission de base du Garde-Manger. « C’est un projet qu’on a mis sur pied il y a plusieurs années parce que certaines personnes n’étaient pas capables de se déplacer au comptoir alimentaire. On avait commencé avec trois ou quatre personnes. Elles sont maintenant 40! »

Autre conséquence de l’arrêt des livraisons, l’organisme s’est rendu compte que sur les 40 personnes, certaines étaient capables de venir chercher leurs boites au comptoir. «Dans notre secteur, des gens restent dans des endroits éloignés. C’est difficile pour eux d’aller au comptoir. Certains demandaient la livraison parce qu’ils restaient trop loin, pas parce qu’ils étaient en perte d’autonomie ». L’organisme compte bien rectifier cette situation également.

 

Un soutien nécessaire

Le Garde-Manger des Pays-d’en-Haut a vu le jour en 1995.

L’organisme à but non lucratif offre un soutien alimentaire et vestimentaire aux personnes dans le besoin : aide alimentaire d’urgence, comptoirs alimentaires, cuisines collectives, lunchs dans les écoles, bons d’épicerie de Noël, service vestimentaire et articles à faibles coûts à la Fouillerie.

Tous ces services couvrent l’ensemble du territoire de la MRC des Pays-d’En-Haut.

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Alain Daviault

En fait, je suis bien heureux de savoir que la travailleuse de rue de Saint-Sauveur de l’organisme l’Écluse des Laurentides qui reçoit une subvention annuelle de 22 000 $ de la ville de Saint-Sauveur, intervienne afin d’assister un tel organisme comme le Garde Manger. Une entente avec un autre organisme que les citoyens subventionnent auraient du être prise afin de maintenir un service adéquat aux gens en perte d’autonomie. Voilà le portrait réel de la solidarité communautaire. Trop d’organismes ont des missions sociales entrecroisées !