Ambiance poison à l’Hôtel de ville de Prévost

Par Nathalie Deraspe

Semaine après semaine, le maire Claude Charbonneau doit composer avec un conseil tranché en deux. Et l’ambiance n’est pas de tout repos.
«Combien a coûté l’impression du document distribué la semaine dernière monsieur le maire? lance un citoyen outré. Pouvez-vous bien me dire pourquoi le conseiller de mon district n’est pas sur la photo?» S’il est vrai qu’aucun des conseillers indépendants ne figuraient à l’intérieur de l’envoi postal, c’est qu’ils ne siègent pas sur le comité de loisirs, rétorque Claude Charbonneau.

Mais certains citoyens sont suspicieux. Ils y voient là de la mauvaise volonté de la part de leur maire. Ceux-ci ne sont pas au bout de leur peine. Le maire de Prévost songe à exclure Sylvain Paradis, Germain Richer et Gaétan Bordeleau des discussions du caucus. «Ils sont pratiquement en période électorale, explique Claude Charbonneau. Même quand ils étaient à l’intérieur du parti, ils questionnaient tout le temps tout. Mais je ne me laisserai pas distraire. J’ai été huit ans tout seul à l’opposition. On m’appelait M.Contre.»

Positions opposées

Pour les uns, M.Charbonneau est tout le contraire d’un homme d’équipe. Il décide seul et gère sa ville comme il l’entend, sans se soucier de l’opinion de ses pairs. Pour illustrer leurs propos, ses opposants rappellent la décision unilatérale du maire d’ôter l’unifolié qui flottait devant l’Hôtel de ville, un geste qui avait attiré les caméras de télévision anglophones et les foudres de plusieurs de ses électeurs en 2002, dénonce Germain Richer.

Inquiet de voir les décisions du conseil déraper, Stéphane Laroche a décidé de fonder l’Association des citoyens et citoyennes de Prévost (ACCP), un regroupement apolitique, précise-t-il, qui entend veiller aux intérêts des contribuables. Comme les ex-conseillers Sylvain Paradis et Germain Richer sont proches de cette nouvelle organisation, le maire y voit davantage une formation politique que tout autre chose. «J’aimerais que l’ACCP soit un organisme à but non lucratif qui fasse le lien entre les autres organismes pour préparer des fêtes caritatives et environnementales d’envergure», explique Stéphane Laroche.

Malgré tout, celui-ci n’hésite pas à dénoncer le projet domiciliaire le Domaine des Vallons qui, selon lui, pourrait causer des problèmes d’approvisionnement en eau à la municipalité.

Vendetta?
«Le 15 janvier, j’ai été exclu de tous les comités, plaide Germain Richer. Les autres conseillers gagnent 300$ de plus que moi et après ça, ils font des gaffes et ils voudraient qu’on les répare!»

Tout comme les autres membres de l’ACCP, le conseiller indépendant digère mal l’augmentation de salaire des élus décrétée par la MRC, qui a fait bondir la rémunération du maire de 38% d’un coup. «Claude Charbonneau et Jean-Pierre Joubert ne travaillent pas de façon démocratique. Ils se sont présentés avec des missions et des valeurs et ils font le contraire. Il y a beaucoup de mouvement de personnel, de l’ingérence dans le dossier des fonctionnaires et il y a apparence de conflit d’intérêt de voir Joubert siéger sur le comité des falaises. Je ne me sens pas respecté», plaide Germain Richer, qui considère son maire comme arrogant et méprisant à l’égard des citoyens et des élus.

Claude Charbonneau ne s’en laisse pas imposer. «Ça toujours été leur style. Ils viennent chercher les bibittes pour nous les lancer à la figure. Qu’ils annoncent clairement leurs couleurs!»

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