Au Musée d’art contempotain des Laurentides

Par Andreanne Roy

Les notions d’espace et de composition architecturale sont au cœur d’une étonnante exposition présentée cet été au Musée d’art contemporain des Laurentides. Lieux composés nous propose le travail de huit artistes dont les œuvres font preuve d’une réelle sensibilité à l’espace et au lieu, à la composition architecturale et à son processus de création, ainsi qu’aux relations affectives que nous entretenons avec ces constructions.

Parmi la variété d’œuvres présentées, certains artistes se penchent plus particulièrement sur les qualités esthétiques des constructions architecturales, certains sur leur portée symbolique, d’autres sur leurs résonnances affectives. Ainsi Johanne Gagnon s’intéresse au processus de réalisation d’un projet d’habitation en élevant le travail préparatoire – esquisses, croquis et plans – au rang d’œuvre poétique présentant des qualités plastiques indéniables. Peter Gnass relève de son côté les caractéristiques formelles d’un lieu somme toute banal en pointant le caractère toujours fragmentaire de la perception. Mathieu Gaudet crée pour sa part des formes sculpturales qui s’intègrent à l’espace et apparaissent telles des structures présentant une forte influence du paysage. Dans l’installation in situ de Serge Marchetta, le dessin passe à la troisième dimension et se matérialise dans une composition qui envahit l’espace et se déploie en utilisant les paramètres de l’architecture du musée. L’enveloppe muséale est au centre de l’œuvre présentée par Richard Coté qui sous la forme de l’abri Tempo recrée l’espace neutre et modulable de l’espace d’exposition. Jose Luis Torres présente des sculptures qui prennent la forme de valises qui se déploient pour révéler des éléments architecturaux qui apparaissent tels des paysages transportables évoquant l’idée du nomadisme tout en référant à la mémoire personnelle de l’artiste. La notion de mémoire est également présente dans l’œuvre de Karine Payette dont l’installation vidéo traite de l’attachement au lieu et à son rôle dans la définition identitaire. Dans un registre plus collectif, les tableaux d’Anne Bertoin où l’architecture industrielle se fait ruine interrogent la pérennité de nos modes de vie, de notre société et de ses valeurs.

S’il est parfois malaisé de rassembler dans une même exposition des propositions artistiques variées issues de démarches singulières, c’est avec une réelle cohérence que l’exposition Lieux composés rassemble les œuvres d’artistes dont le travail nous questionne sur notre rapport à l’architecture et sur le rôle qu’elle occupe dans notre expérience du quotidien. Une exposition d’art actuel qui saura séduire l’amateur néophyte comme le spécialiste en art visuel.
À voir jusqu’au 6 septembre 2009. Pour plus d’informations : www.museelaurentides.ca.

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