Le bar mythique le Bulldozer fermera ses portes à Saint-Sauveur

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Par Jean-Patrice Desjardins
Le bar mythique le Bulldozer fermera ses portes à Saint-Sauveur
Shawn Barker, Kerry Bullis et Ryan Kennedy au Bulldozer. Photo courtoisie.

35 ans de musique au Bulldozer

Le Bulldozer, un bar incontournable depuis 35 ans à Saint-Sauveur, fermera ses portes dans les prochaines semaines. L’édifice, propriété de la famille Beaulieu dont Roger était le gestionnaire du bar, serait sur le point d’être vendu. C’est une partie du paysage culturel de la rue Principale à Saint-Sauveur qui va changer.

Roger Beaulieu accueillant les clients dans un environnement musical qu’il a créé. Photo Jean-Patrice Desjardins.

Depuis son ouverture en 1984, on a beaucoup bu au Bulldozer, on a écouté beaucoup de musique et on a beaucoup socialisé. L’été, les portes grandes ouvertes sur le trottoir, la musique décorait la rue Principale. Assis autour du bar qui s’avance dans cette petite place qui peut accueillir quelques dizaines de personnes, on admirait les nombreuses photos accrochées au mur autour de l’horloge Molson. Tel un petit musée, le Bulldozer affiche des artéfacts jusqu’au plafond, autant de témoins d’événements qui se sont déroulés en ses lieux.

« Les deux dernières années ont été difficiles au plan des affaires. Les gens qui fréquentaient le bar en 1984 étaient dans la trentaine, ils ont plus de 60 ans aujourd’hui », explique le propriétaire Roger Beaulieu.

Les clients réguliers du bar accueilleraient mal la nouvelle, selon un des barmans du Bull. L’endroit étant plus qu’un lieu pour boire, c’était un lieu de rassemblement à Saint-Sauveur. « Les temps ont changé, on verra de moins en moins cette formule de bar qui roule avec une clientèle locale », explique Martin Alary dont la page Facebook indique avoir « étudié au Bulldozer », tellement l’endroit a marqué sa jeunesse et sa jeune vie adulte. Il a travaillé, puis joué de la musique au Bull.

En plus de son tournoi de golf annuel, le Bulldozer était reconnu pour la qualité de ses joueurs d’échecs. On y a même organisé un « pentathlon du Bull ». Une compétition en cinq épreuves : billard, échecs, dards, pétanque et lancer des fers à cheval.

C’était un endroit où on peut entendre un chansonnier l’après-midi et un groupe de blues en soirée. Certains se souviendront de la Tankaochôde et ses éléments qui, à la fin des années 1990, donnait un spectacle unplugged directement aux tables, sans s’installer sur la scène.

« Le Bulldozer, je l’ai créé d’abord pour la musique et c’était un lieu de rassemblement pour jaser de projets musicaux. Dimanche dernier, James Correa est venu chanter et il y avait 10 musiciens et quatre réalisateurs d’albums dans la salle », précise Roger Beaulieu.

Les inoubliables cassettes

« Le Bulldozer, c’était une fantastique minisérie avec une bande sonore de la mort! », lance Martin Alary quand on lui demande de décrire les fameuses cassettes de Roger Beaulieu. « Au Bull, on ne diffuse pas de musique en ligne. La sélection musicale était toujours recherchée. Roger a fait l’éducation musicale de bien du monde! », poursuit Alary.

De grands noms de la musique y sont passés. Lewis Furey venait au Bulldozer pour « casser son show ». Le jazzman Vic Vogel y a joué, tout comme le groupe The Brooks, ou Ryan Kennedy plus récemment. Certains artistes de passage au Studio Morin-Heights y venaient pour relaxer, par exemple les musiciens des groupes Rush et The Tea Party.

Avec la fermeture, qu’arrivera-t-il de ces centaines de cassettes? « Je vais les rapporter chez moi. J’ai toujours aimé partager mes découvertes musicales. Peut-être que je devrais faire un blogue pour continuer? », répond Roger Beaulieu.

Roger Beaulieu, qui est également connu pour les chansons qu’il a endisquées, ne prévoit pas faire de célébration spéciale pour la fermeture de son bar. « La clientèle est au courant de la fermeture depuis quelques semaines, on ne fera pas de fête, il faut en profiter dès maintenant », conclut-il.

Cinq employés seraient touchés par la fermeture du bar qui se ferait d’ici le 15 juin.

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Louis Riopel

Bien triste nouvelle. Ma conjointe et moi habitons à Joliette dans Lanaudière. Une ou deux fois par année, on prend plaisir à aller siroter 1-2 ou 3 bières en écoutant la délicieuse musique qui y joue à tout coup. Saint-Sauveur ne sera plus jamais la même pour nous deux.