Bilan économique estival de Sainte-Adèle et Saint-Sauveur

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Par Cynthia Cloutier Marenger
Bilan économique estival de Sainte-Adèle et Saint-Sauveur

Soumis aux caprices de Dame Nature

Tous s’entendent pour le dire: le bilan économique d’un été dépend en premier lieu de la température et du temps qu’il a fait. Or, l’été 2013 n’a pris son envol que tardivement, faisant craindre le pire. Pierre Urquhart,

directeur général de la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur/Piedmont, n’hésite d’ailleurs pas à l’admettre crûment: «Le mois de juin a été horrible.»

Des pertes irrécupérables

Si les choses se sont rétablies en juillet et août, l’amenant à qualifier l’ensemble de l’été de «correct» pour Saint-Sauveur, Pierre Urquhart souligne tout de même que, pour certaines entreprises, les pertes restaient irrécupérables. L’exemple le plus frappant est celui du Parc aquatique Mont Saint-Sauveur qui, en raison du froid et de la pluie, a vu les écoles annuler tour à tour leurs activités parascolaires de fin d’année, le privant d’entrées d’argent importantes.

 

Pôle d’attraction majeur de la région, le Parc aquatique, pouvant accueillir jusqu’à 4 500 à 5 000 visiteurs par jour, joue un rôle décisif sur l’affluence des entreprises avoisinantes. Lorsque son stationnement est vide ou à moitié vide, selon Stéphane Lalande, directeur général du Centre local de développement des Pays-d’en-Haut, ce sont des centaines de personnes qui, le soir venu, ne fréquentent pas les restaurants et commerces de Sainte-Adèle et Saint-Sauveur.

 

Même son de cloche pour Guy Goyer, directeur général de la Chambre de commerce de Sainte-Adèle, qui parle de mois de mai et juin «pourris», autant pour les commerces que pour la construction. Philosophe, il explique le comportement des consommateurs par un réflexe typiquement humain: «Quand il ne fait pas beau, c’est comme si on n’avait pas d’argent dans nos poches; mais quand il fait beau, par exemple, on en trouve tout le temps!»

 

Un étalon de mesure exceptionnel

L’arrivée de la chaleur et du soleil en juillet et août aura permis de confirmer cette observation, du moins pour Sainte-Adèle. Guy Goyer décrit en effet les derniers mois de l’été comme «très bons». Selon lui, la vitalité économique de la ville se perçoit au nombre de commerces qui ont ouvert ou déménagé dans de plus grands espaces au cours des derniers mois.

Quant à Pierre Urquhart, il concède que juillet et août ont été meilleurs que juin, bien qu’en général, la saison estivale 2013 pâtisse de la comparaison avec celle de 2012, chaude et ensoleillée d’un bout à l’autre. C’est également ce qui ressort des propos de Dominic Cavalluzzi, directeur général de l’Hôtel Le Chantecler, qui a dû annuler plusieurs «samedis-DJ» à cause de la pluie et dont la terrasse a attiré moins de monde que l’an passé.

 

L’extraordinaire été 2012 serait l’un des facteurs qui explique la baisse globale du taux d’achalandage des bureaux d’information touristique de Sainte-Adèle et Piedmont (- 29 % en juin, – 5% en juillet et + 8% en août pour le premier; – 35% en juin, – 32% en juillet et – 8% en août pour le second). Une autre explication tiendrait au fait que les visiteurs, suivant une tendance mondiale, s’informent maintenant davantage au moyen d’Internet.

 

L’explosion de l’utilisation du site mobile des Pays-d’en-Haut (+ 300% au cours de la dernière année) viendrait confirmer cette hypothèse. Les commerçants de Sainte-Adèle ne notant pas de baisse de clientèle, tout comme Stéphane

Lalande, Guy Goyer penche pour un déplacement des lieux de consultation. «Je ne suis absolument pas inquiet de la baisse d’achalandage des bureaux d’information touristique, affirme-t-il. Tout se fait par Internet maintenant.»

 

Une offre en développement

Internet deviendrait ainsi un moyen d’attirer une clientèle potentielle. Dominic Cavalluzzi, à ce propos, note depuis trois ou quatre ans une tendance des visiteurs du Chantecler à attendre les promotions en ligne avant de réserver.

 

Sainte-Adèle et Saint-Sauveur peuvent également de plus en plus compter sur l’offre culturelle qui se développe – festivals, événements, spectacles, etc. –, ce qui a une incidence certaine sur l’économie des deux villes et de la région. Aux dires de tous, beaucoup de positif en est à retirer… en autant que Dame Nature se mette de la partie!

 

 

Teatro Verde et Pizza St-Sauveur Des commerces qui se démarquent

Par Cynthia Cloutier Marenger – Beau temps, mauvais temps, certains commerçants parviennent à tirer leur épingle du jeu. Malgré une économie qui tourne au ralenti, leur entreprise prospère et bénéficie d’une expansion continue. Guy Goyer et Pierre Urquhart qualifient ce genre de commerçants d’«agressifs». Accès en a rencontrés deux afin de

découvrir le secret de leur réussite.

 

Teatro Verde

Propriété du maître fleuriste Martin

Gingras, Teatro Verde ne fait que s’épanouir depuis son ouverture officielle en juillet 2009. Jusqu’à tout récemment installé en haut de la côte Morin à Sainte-Adèle, il

occupe depuis mai un local cinq fois plus grand au bas de la même côte, coin

Valiquette. Un quitte ou double qui aura rapporté puisque son chiffre d’affaires s’est multiplié par quatre.

 

Comment expliquer un tel succès? Par un travail acharné d’abord – Martin Gingras, passionné de son travail, y consacre l’essentiel de sa vie –, mais aussi par une offre de qualité diversifiée et qui répond à un besoin de la clientèle. Selon le maître fleuriste, qui a récemment réalisé une étude de marché, «les clients de demain veulent se faire raconter des histoires, retourner aux sources, savoir d’où viennent les produits qu’ils achètent».

 

Dans cet esprit, Martin Gingras a développé un concept de boutique-atelier où ses créations florales sont réalisées aux yeux de tous. Il y partage également son savoir avec une communauté sans cesse grandissante de fleuristes en herbe qui, comme lui, ont à cœur la préservation de l’environnement et désirent travailler avec les matériaux offerts par Mère Nature. Une voie d’avenir, pour un commerçant sur une belle lancée.

Pizza St-Sauveur

Ouvert depuis octobre 2012, Pizza St-Sauveur a le vent dans les voiles. Son service de livraison emploie six chauffeurs, et même sept ou huit aux heures de grande affluence. Sa clientèle, au départ essentiellement sauveroise, s’étend maintenant aux villages avoisinants et gruge des parts de marché de ses compétiteurs. Son fondateur, Marcel Lajeunesse, songe même à agrandir après seulement un an d’activités.

 

La recette de son succès? Une pizza qui goûte comme celle de son enfance, faite avec un «fun noir» et un souci de perfection permanent. Surtout, une pizza qui possède toujours le même bon goût et la même apparence, peu importe le jour de la semaine ou l’heure du jour. Selon Marcel Lajeunesse, secondé en cela par Pierre

Urquhart, c’est cette constance qui représente la clé pour fidéliser la clientèle d’un restaurant.

 

C’est pourquoi l’actif commerçant ne passe pas une journée sans travailler, jetant un œil à chaque plat qui sort des cuisines. Cette assiduité semble payante puisque les éloges pleuvent sur la pizzeria. Même

Véronique Cloutier s’y met, parlant sur Twitter de la «pizza parfaite». Enchanté, mais modeste, Marcel Lajeunesse se dit tout simplement «à l’écoute des clients». Une écoute appréciée, à en croire son succès.

 

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