BIO VS OGM dans la course à l’info

Par Yves Guezou

J’M, O.G.M pas!

Alors que les uns courent après la médiatisation et la bonne information les concernant, les autres se tiennent dans l’ombre, à l’abri des questions du public. J’aime voir des points communs ou des différences là où souvent il n’y en a pas et aujourd’hui je désire voir ce que l’on peut tisser comme canevas en comparant la manière dont les produits bio abordent ou se font aborder par l’information et comment les OGM font de même mais dans un registre quelque peu distinct.

Ouvrir la porte au bio

Le souci des produits biologiques, par rapport à la façon dont ils sont perçus est bien simple: il leur faut prouver simplement qu’ils sont biologiques de A à Z. Au fur et à mesure de son essor, l’agriculture biologique a dû se doter de critères, de filtres afin de se définir et donner à ses producteurs une base et des jalons dans leur travail. Aujourd’hui, le bio s’est muni de certifications et les cahiers des charges ne laissent place à aucune marge en terme d’environnement, de méthodes de production et de suppléments chimiques pour les plantes ou les animaux. Et c’est tant mieux pour notre santé! Il faut maintenant habituer le consommateur à payer un peu plus cher pour ses produits bio parce que justement, le bio ne permet pas la production de masse, d’avoir des tomates ou des poulets qui présentent bien dans le rayon, qui attirent les yeux au détriment du goût. Il faut véritablement changer les habitudes des consommateurs, les amener à poser des questions et devenir des gourmets éclairés. L’ouverture du marché du bio passe par l’ouverture des consciences.

Canaliser l’inconnu

Quant à mes amis les OGM on dirait que l’effet inverse leur sied beaucoup mieux: moins on en parle, moins on s’affiche et mieux ils se portent…Et là je vais avoir droit à la litanie des consciences pas prêtes, que j’interprète les faits et que je fais mes choux (bios) gras sur le dos de la peur collective de l’inconnu. Parlant d’inconnu, le Journal de Montréal sortait, il y a peu, un article sur une application des OGM, à savoir injecter les gênes producteurs de la protéine soie d’une araignée dans l’organisme d’une brebis (ça s’est également fait avec une chèvre) pour ensuite retirer cette même protéine du lait de l’animal et fabriquer une soie artificielle extrêmement convoitée par l’industrie, aussi bien civile que (surtout) militaire. La soie possédant un rapport densité/poids qui la rend plus solide que l’acier, plus efficace que le kevlar (utilisé pour les gilets-pare-balles, entre autres). L’inconnu dans la recherche génétique rendue à ce point c’est tout ce qu’on ne recherche pas: «Voyez ce que vous pouvez développer, ciblez telle ou telle application et ne perdez pas de temps avec le reste!» Ce ne sont pas des mécènes qui financent la recherche et la transformation, il s’agit d’industries de pointe. Et si, dans quelqu’éprouvette ou boîte de Pétri se produit une hypergénèse quelconque – la plupart des découvertes scientifiques sont des accidents – il y aura toujours un profiteur au détriment de l’environnement. Je sais pertinemment que j’ai un parti pris et que je ne rapporte pas l’information de manière impartiale, je suis chroniqueur et c’est mon droit privilégié de vilipender ce que j’estime nocif pour mes proches et mes lointains. Avoir de magnifiques champs de maïs, aux plants jumeaux, aux belles têtes blondes, ça me rappelle un certain eugénisme que je ne suis pas prêt à accepter. Le point commun ou la différence là-dedans? Quand l’info s’approche du bio c’est pour son bien et son développement! Quand elle s’approche de l’industrie des OGM c’est pour le bien de ses avocats!

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