Bluff

Par Stephane Desjardins

Sympathique

Il faut prendre Bluff, le film de Marc-André Lavoie et Simon-Olivier Fecteau, pour ce qu’il est: un divertissement léger et sympathique. Qui procure une heure et demie de plaisir certain.

Bluff ne révolutionnera rien dans le merveilleux monde du cinéma. Mais le ton et la façon de raconter choisie par les artisans du film comporte quelques originalités rafraîchissantes.

Le film démarre lentement sur quelques plans panoramiques de Montréal. Un peu à la façon de certains films ou télé séries américaines. On sent l’influence des ciné­astes. Mais on passe rapidement à la mise en place des protagonistes, qui instaure aussi le procédé narratif, plus proche de notre culture.

Car Bluff, c’est plusieurs histoires qui sont racontées en même temps. On passe donc d’un tableau à l’autre, principalement sous forme de flash-back livrés à la queue leu leu. Le processus permet surtout une montée dramatique: on se demande qui est le tueur parmi tous ces locataires, qui semblent chacun avoir quelque chose à cacher (comme le dit d’ailleurs la promo du film). Le film est ainsi une sorte de thriller co­mique.

L’histoire s’articule donc autour d’une maison sur le point d’être détruite. Le démolisseur effectue une dernière vérification avant d’envoyer sa boule promener au travers des murs. Mais il fait une macabre découverte. L’arrivée du propriétaire compliquera les choses. Puis, on nous présente tous ces locataires qui se sont succédés sur les lieux. Ce qui donne lieu à des sketches dramatiques, émouvants, rigolos, intrigants.

Les cinéastes ont choisi de présenter leurs personnages sur le mode «petite vie». On découvre donc leurs petits travers, leurs côtés ridicules mais aussi souvent pathétiques.

L’histoire la plus drôle gravite, certes, autour des deux cambrioleurs. Mais les autres sont toutes captivantes à leur niveau. La plus dramatique est, évidemment, celle de ce couple qui cherche à avoir un bébé.

Ce que l’on retient le plus de Bluff, ce sont les performances des comédiens. On est habitué à voir déconner avec talent des gars comme Marc Messier ou Rémi Girard. Mais celles d’Emmanuel Bilodeau, de David La Haye ou de Gilbert Sicotte, toutes en nuances dramatiques, témoignent d’une direction d’acteur sophistiquée. On en est même ébahi par moments. Le mot Bluff est tout à fait approprié pour coiffer une histoire où le mensonge (aux autres ou à soi-même) est devenu une valeur cardinale, commune à tous les personnages.

Mais le film comporte quelques faiblesses sur plan de l’intrigue, dont le dénouement est assez étriqué. On pardonnera facilement ces petits défauts, car on s’amuse finalement beaucoup (sans rire aux éclats) avec ce film qui aligne tout de même une grande quantité de comédiens de talent et, surtout, plusieurs vedettes du showbiz québécois.

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