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Nouvelle photo_Maurice_Duplessis,_1938
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Organisations ouvrières et histoire

Par Simon Cordeau

L’organisation du travail a souvent été source de conflits entre employeurs et employés. Voici quelques moments qui ont marqué l’histoire.

Les guildes

Au Moyen-Âge, avant même l’apparition des syndicats, les artisans et les marchands s’associaient avec leurs semblables pour former des guildes et défendre leurs intérêts communs. Organisées à l’échelle d’une ville, ces guildes avaient plusieurs rôles. Elles servaient d’organisation professionnelle : établissant des règles communes, protégeant l’expertise de ses membres et garantissant la qualité de leurs produits. Mais elles contrôlaient aussi le marché : déterminant qui pouvait vendre tel ou tel produit, quel était le prix minimum ou maximum, quelles étaient les heures de commerces, etc.

À la fin du 18e siècle, leur pouvoir politique est si grand que plusieurs pays les régulent sévèrement. En France, les guildes sont même abolies en 1791, durant la Révolution.

Cependant, si les artisans étaient membres de la guilde, leurs apprentis et employés en étaient exclus.

L’industrialisation

Au 19e siècle, l’industrialisation change tout. Bon nombre de paysans quittent les campagnes pour la ville, où ils peuvent trouver un emploi dans une usine. Mais les conditions de travail sont exécrables. Les ouvriers, qu’ils soient hommes, femmes ou enfants, travaillent 10 à 12 heures par jour, 6 jours par semaine, pour une maigre paie. Les accidents de travail, voire la mort, sont fréquents. Et il n’y a pas d’aide ou d’assurance pour les estropiés.

Les employeurs et les gouvernements tentent d’abord d’interdire aux ouvriers de s’organiser, mais en sont incapables. Les syndicats deviennent légaux en Grande-Bretagne en 1872 et en France en 1884.

Au Québec

La belle province n’échappe pas à ces bouleversements économiques. En 1885, sous la pression d’organisations ouvrières, le Québec adopte l’Acte des manufactures : la première loi à réglementer le travail des ouvriers. Entre autres dispositions, la loi interdit aux garçons de moins de 12 ans et aux filles de moins de 14 ans de travailler en usine.

La Grande Noirceur

En 1937, le gouvernement de Maurice Duplessis fait adopter la « loi du cadenas ». En apparence, elle doit servir à combattre le communisme au Québec. Mais dans les faits, sa définition vague permet aux autorités de cadenasser les locaux d’adversaires politiques. Elle sera notamment utilisée contre les syndicats, que Duplessis considère comme des groupes subversifs. La loi sera déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême du Canada en 1957.

La Baie-James

Dans les années 1960 et 1970, le Québec connaît un boom dans le secteur de la construction, alors que la province se modernise et que le gouvernement investit massivement dans les infrastructures. Les principales centrales syndicales se livrent alors une concurrence féroce pour se rallier le plus d’ouvriers possibles. Parfois cette concurrence devient violente, alors que les représentants syndicaux usent d’intimidation et de chantage.

La tension culmine en 1974, sur le chantier de la Baie-James, alors que le conflit intersyndical dégénère en un saccage qui causera 31 millions de dollars en dommages et un retard des travaux de 55 jours.

Le saccage de la Baie-James mènera à la Commission Cliche.

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