(Photo : Médialo - Archive)
Catherine Hamé

Catherine Hamé : la force d’une mère, la voix d’une élue

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut et ancienne mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs, Catherine Hamé avance avec une rigueur de juriste et une sensibilité forgée dans l’intime.

Une enfance où la politique s’invite à la table

Catherine Hamé

Chez les Hamé, la politique n’a pas commencé par un slogan, mais par une atmosphère. Catherine raconte une maison où la géopolitique revenait souvent, portée par l’histoire familiale, notamment un père né pendant la Deuxième Guerre mondiale. Parmi les figures qui l’ont marquée, il y a Sylvia Sweeney, olympienne canadienne en basketball, qui passait chez ses parents et l’encourageait déjà à viser plus loin. « Elle me parlait comme à une jeune femme. Elle me disait : toi, Catherine, tu vas étudier en droit, tu vas faire de la politique, tu vas être une élue. »

À l’époque, Hamé n’y voyait pas un destin. Elle s’imaginait plutôt comme « une femme à la maison ». Elle le dit avec humour, sans masquer le poids des attentes. « J’ai essayé… je n’étais pas bonne », lance-t-elle, comme pour rappeler que les trajectoires ne sont pas toujours celles qu’on imagine à vingt ans.

Le municipal, comme révélation

Avant la préfecture, il y a le déclic du terrain. Hamé a étudié en droit, sans se projeter nécessairement dans la pratique, mais pour « avoir ces outils-là ». Aujourd’hui, sa biographie publique insiste sur son ancrage laurentien et sur son rôle de mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs de 2021 à 2025.

Dans l’entrevue, elle revient surtout à un moment charnière : un cours de droit municipal, vécu comme une révélation. « On a tellement de pouvoir sur notre environnement, puis on ne le sait même pas. » Elle dit avoir compris là que l’action locale peut transformer la vie quotidienne, à condition d’avoir l’énergie et la méthode pour « voir les opportunités » et faire avancer les dossiers.

En novembre 2025, elle est élue préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut, avec 9 217 votes, soit 51,13 % des suffrages exprimés.

Catherine Hamé et son fils Léonard

« Quand tu as connu la terreur »

La voix change quand Catherine parle de son fils, Léonard, diagnostiqué bébé avec une maladie génétique rare. Elle décrit l’attente dans les hôpitaux et chez les spécialistes, l’absence de certitudes, puis cette émotion qui dépasse la peur. « La terreur… c’est tellement plus fort que la peur. »

Elle explique que cette expérience a déplacé son rapport au risque. « Quand tu as connu la terreur, la peur n’est plus quelque chose qui m’empêche d’agir. » Elle ne dit pas que tout devient facile, au contraire. Elle dit qu’après avoir traversé ça, un revers politique, une tempête publique, une défaite électorale n’ont plus la même capacité de la paralyser.

Le passage le plus intime arrive sans effet, presque à voix basse, quand elle nomme sa crainte la plus persistante: « Qu’est-ce qui va arriver si je ne suis pas là pour m’occuper de mon enfant ? » Elle s’excuse d’être émotive, puis revient à l’essentiel : cette inquiétude influence ses décisions, son souci d’un monde « plus inclusif, plus juste », et sa sensibilité aux réalités que d’autres n’ont pas à porter.

Une politique qui tient par les autres

Hamé revendique un leadership collaboratif. « Moi, je suis une généraliste. Je vois le gros plan », explique-t-elle. Elle dit aimer s’entourer de personnes expertes capables d’aller en profondeur dans les dossiers. « Un expert peut être très micro. Moi, je vais voir s’il manque un élément dans l’analyse, puis on ajuste ensemble. »

Elle tient aussi à nommer celles qui l’ont précédée. Par exemple, elle cite Monique Laroche, ancienne mairesse de Sainte-Anne-des-Lacs, une femme dont elle dit avoir « énormément appris », et qui l’a, à sa manière, « protégée ».

Au bout de la rencontre, un message revient, simple et sans décor: « Tout est possible. » Pas comme une promesse abstraite, mais comme une permission donnée, surtout à celles qui, avant même d’essayer, se seraient déjà construit des limites.

Catherine Hamé et ses enfants

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