À 96 ans, Elisabeth Cormier « aide les gens » bénévolement depuis 18 ans. Crédit : Nordy - Sébastien Fleurant
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Soupe et Compagnie des Pays-d’en-Haut : Bien manger en famille

Par Simon Cordeau

Lorsqu’on arrive au sous-sol de l’église de Saint-Sauveur, une dizaine de personnes attendent déjà devant la porte. Tous les lundis, mardis et jeudis midi, l’organisme Soupe et Compagnie des Pays-d’en-Haut y sert des repas chauds et entre 30 et 50 personnes viennent manger. « Il y en a que c’est financier. D’autres, c’est pour briser l’isolement », indique la directrice de l’organisme, Kathy Arbour. À l’entrée, une contribution volontaire de 5 $ est suggérée. « Quelqu’un qui n’a vraiment pas les moyens, il donne son fond de change ou pas du tout. Et ceux qui viennent pour briser l’isolement vont donner un peu plus, 8 ou 10 $. »

L’organisme peut compter sur une équipe d’une cinquantaine de bénévoles. Entre six et huit bénévoles sont présents chaque jour, pour le service ou la préparation de la nourriture. « Nous, c’est impossible sans bénévoles. C’est certain », insiste Mme Arbour.

« Aider les gens »

À l’entrée, une contribution volontaire de 5 $ est suggérée. Selon leurs moyens, les clients laissent plus, moins ou rien. Crédit : Nordy – Sébastien Fleurant

À 96 ans, Elisabeth Cormier est bénévole pour Soupe et Compagnie des Pays-d’en-Haut depuis 18 ans. « Je n’appelle pas ça du bénévolat. J’appelle ça “aider les gens”. » Elle vient aussi pour son moral à elle, indique-t-elle. « Je suis seule à la maison. Donc ça me fait du bien de venir rencontrer des gens. Et je les appelle toutes mes soeurs : c’est ma petite famille ! »

Elisabeth fait même le chemin depuis Saint-Hippolyte, où elle habite. « Mon fils vient me reconduire, puis il vient me chercher. » Elle donne entre quatre et cinq heures, une fois par semaine. « Avant, je venais trois fois par semaine. Mais dû à mon jeune âge, j’ai diminué un peu », lance-t-elle avec un sourire espiègle.

Henri Besnet, lui, est bénévole ici depuis « une douzaine d’années ». « C’est quasiment ma famille. Quand tu es retraité, il faut que tu passes le temps aussi. En même temps, il faut que tu te rendes utile. Et ici, c’est utile. » Il revient tout juste d’un voyage en Espagne. Mais lorsqu’il est disponible, il vient chaque jeudi. « Et si quelqu’un ne rentre pas, je le remplace. » Il prépare les assiettes et peut donner un coup de main en cuisine pour « éplucher les patates et les carottes ». « Mais si je faisais la bouffe, il y aurait moins de monde ici ! », lance-t-il en riant.

Le repas inclut une soupe, une salade, un plat principal, un dessert et du café. On sert entre 30 et 50 personnes. Crédit : Nordy – Sébastien Fleurant

Pendant qu’ils servent les repas et font le service aux tables, les bénévoles se taquinent et rient avec les clients. L’ambiance est chaleureuse et conviviale. Mais Suzanne Carrière, qui s’implique depuis cinq ans et siège sur le conseil d’administration depuis peu, rappelle qu’il y a beaucoup de travail en amont, avant d’ouvrir les portes. « Il faut monter les tables, préparer des salades, les pichets d’eau avec des tranches d’orange et de citron, la cafetière, distribuer les pains, le beurre, le lait, les salières et poivrières… C’est difficile, le travail de serveuse. »

Alors, pourquoi le faire bénévolement ? Elle explique que ses parents donnaient beaucoup de leur temps, et qu’elle-même, lorsqu’elle était enseignante, s’impliquait souvent. « Quand je suis arrivée à Saint-Sauveur, je me suis présentée au presbytère. » On lui propose un poste, mais Suzanne ne veut pas faire de bénévolat dans un bureau, raconte-t-elle. On lui présente donc l’équipe de Soupe et Compagnie. « J’ai senti une tellement belle énergie ! […] J’aime le service aux tables et échanger avec les gens. »

Nourrir la communauté

Soupe et Compagnie des Pays-d’en-Haut fait bien plus que ces dîners à Saint-Sauveur, souligne Mme Arbour. « On a aussi des soupes satellites. On prépare des dîners communautaires une fois par mois pour Sainte-Anne-des-Lacs, Saint-Adolphe-d’Howard et Lac-des-Seize-Îles maintenant. Et on collabore avec l’Entraide bénévole des Pays-d’en-Haut pour leur dîner à Mont-Rolland une fois par mois. »

En plus de ça, l’organisme prépare 120 collations par semaine que le Garde-Manger des Pays-d’en-Haut distribue dans les écoles. Il y a aussi des collations déjeuners et des repas chauds pour les écoles primaires de Saint-Sauveur.

« On en a besoin, des bénévoles ! », rappelle Elisabeth avec un sourire radieux.

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