Catherine Perrin: Pour la vivacité du direct et la paix par l’écriture

Par Marie-Catherine Goudreau
Catherine Perrin: Pour la vivacité du direct et la paix par l’écriture
(Photo : Nordy)

-RENCONTRE-

 C’est sur son quai sur le bord d’un lac à Saint-Hippolyte que Catherine Perrin nous reçoit, paisiblement, le soleil sur le visage et les couleurs de l’automne dans les montagnes.

Installée dans les Laurentides depuis plus de 13 ans, Catherine Perrin trouve son réconfort et la paix dans la forêt et près du lac à proximité de chez elle. « Chaque fois je viens ici, j’ai l’impression que 20 kilos partent de mes épaules et j’ai l’impression de respirer. Comme j’écris beaucoup depuis les dernières années, c’est un endroit parfait pour ça. »

Nouveau roman

Le deuxième roman de Catherine, L’âge des accidents, sera publié en octobre. Elle y abordera les thèmes de l’environnement notamment, à travers les yeux d’une journaliste scientifique. Étant elle-même préoccupée par les changements climatiques, Catherine transpose ses questionnements à son personnage. « Le personnage se demande si on a la bonne approche, dans la mesure où dans l’autre camp, tout fonctionne à l’émotion, au sensationnalisme, à la négation des faits. Si nous, on reste tellement polis, prudents et sages, est-ce qu’on va arriver à passer le message à temps ? » C’est une des questions que pose Catherine dans ce roman.

La fiction était auparavant quelque chose de mystérieux, d’inabordable même, pour Catherine. Mais à la suite de l’écriture de son premier live, Une femme discrète, elle a adoré le processus. « C’est devenu pour moi comme un réflexe, et même une respiration dans ma vie. Absorber les choses, puis les expirer dans cette forme-là », illustre-t-elle.

La pandémie lui a par ailleurs permis de consacrer beaucoup de temps à l’écriture, alors que son dernier roman venait tout juste de paraitre. « Je ne pensais pas que ça allait se faire aussi, mais tout a arrêté, et toutes les activités que j’avais ont été annulées. Je me suis retrouvée ici, avec beaucoup de temps. »

Une combinaison parfaite

Du côté de chez Catherine est de retour en ondes pour une troisième saison depuis presqu’un mois sur ICI Première. Pour l’animatrice, « chaque semaine est une nouveauté parce qu’on a une façon différente d’aborder les sujets qui sont dans l’ère du temps ». Après avoir pris un pas de recul sur une nouvelle, son équipe et elle apportent un angle plus précis ou plus large, qui permet une grande liberté.

Avoir une émission hebdomadaire à la radio est pour Catherine « le meilleur des deux mondes ». « Je continue à faire ce que j’adore, la radio, mais en même temps, j’ai les deux tiers de mon cerveau qui sont libérés pour faire autre chose. » Elle s’implique aussi bénévolement en francisation aux adultes pour les immigrants depuis quelques temps. « C’est une initiative pour faire connaitre les médias et la culture québécoise. Une fois par mois, je rencontre des groupes pour leur présenter les médias québécois, canadiens et des artistes d’ici. Avant je n’avais pas ce temps », souligne-t-elle.

En parallèle à son métier d’animatrice et d’écrivaine, Catherine est aussi claveciniste professionnelle. Ces trois passions s’entremêlent et se complètent parfaitement dans sa vie, alors qu’elle va chercher une énergie différente en chacune d’elle. « Ce que j’aime, c’est que ces domaines ont des rythmes complètement différents. Avec la radio et la musique, on est en mode performance, alors qu’avec l’écriture, on est plutôt dans la quiétude, on peut prendre le temps, remettre en question, fignoler, avancer et reculer. Finalement, c’est le contraire de la performance en direct et c’est ce que j’adore. »

L’âge des accidents sera disponible en librairie en octobre

Elle m’a tout raconté, physiquement intacte, mais comme brûlée vive de l’intérieur. Le fait qu’elle aurait pu mourir lui semblait secondaire, alors que j’en perdais le souffle. Elle parlait vite, sur un ton étrange, monocorde et froid, avec quelque chose de radical dans le regard.

Patricia ne sait plus quoi répondre à sa fille fracassée par l’horreur. La journaliste scientifique n’a plus l’aplomb d’avant, croit de moins en moins aux certitudes sur lesquelles elle a érigé sa vie. En cet âge des accidents, des catastrophes plus ou moins naturelles, les mots pesés et nuancés ont peut-être fait leur temps.

Il faudra laisser d’autres essayer à leur tour, y croire un peu.

Ce n’est pas une utopie, maman : on va le faire, pour vrai.

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