Centres jeunesse des Laurentides

Par Reine Coté
Centres jeunesse des Laurentides

Des cas de plus en plus lourds

C’est le sujet de l’heure. Quelle attitude adopter face aux pensionnaires des centres de réadaptation pour mineurs? Resserrer la surveillance, barrer les portes, maximiser l’intervention pour prévenir les fugues et les suicides? Prudent, le Directeur de la protection de la jeunesse des Laurentides, Denis Baraby, s’est tourné la langue sept fois avant de répondre publiquement à ces questions.

La situation n’est pas simple, admet celui qui a voué sa carrière de criminologue à la cause des jeunes. Les problématiques vécues par les jeunes de 2016 sont nettement plus complexes que celles qu’il voyait au début de sa carrière dans ce milieu, il y a 30 ans, confiait-il récemment en entrevue.
En ce moment, 132 jeunes séjournent dans les trois campus, soit celui d’Huberdeau, de Saint-Jérôme et de Sainte-Sophie. Les pics de signalements sont surtout en octobre et novembre.
Et ce n’est pas pour autant qu’il envisage de verrouiller les portes.
« Ces jeunes sont multiproblématiques. On a des jeunes avec toutes sortes de difficultés avec prédominance en santé mentale, comme des dépressions et des pathologies non diagnostiquées. On voit de plus en plus cette clientèle dans les centres de réadaptation. En plus de la toxicomanie. C’est un cocktail de problématiques », fait valoir M. Baraby.

La faute aux compressions

Certains faits semblent lui donner raison. En 2014, à quelques mois d’intervalle, deux adolescents se sont suicidés durant leur séjour au centre jeunesse d’Huberdeau.
Dans son rapport, à la suite du deuxième décès, le coroner a convenu d’un important manque de pédopsychiatres disponibles pour les jeunes au centre jeunesse. D’où de très longs délais de réponse face à des jeunes en crise.
Quant aux fugues à répétition, la rumeur veut que le phénomène soit bien présent dans les Laurentides. Mais M. Baraby refuse d’entrer dans les détails de ce sujet brûlant.
Il reconnaît qu’il y a des cas en attente d’évaluation.
Le directeur de la PJ préfère pointer le manque de financement gouvernemental. « Les ressources financières, c’est la continuité des services d’intervention, dit-il avec insistance. C’est un enjeu omniprésent. »
Québec prépare actuellement un plan d’action qui proposera une nouvelle forme d’encadrement. Ce plan devrait être prêt à l’été ou à l’automne. M. Baraby l’espère avec confiance.
Malgré les manchettes des médias, il persiste à considérer les interventions réussies. Il parle des 2400 jeunes pris en charge par la DPJ, dont la durée moyenne sera de 27 mois.
« On ferme 900 dossiers par année. La situation de ces jeunes s’est suffisamment améliorée pour que la DPJ ne soit plus là.  On a des jeunes qui s’en sortent; des jeunes filles qui se rendent jusqu’à l’université. Il y en a des réussites malgré les drames qui bouleversent tout le monde. »
Et il y a le groupe des 10 %, ceux que la DPJ devra suivre toute leur vie. « Les problématiques parentales sont trop lourdes.
Il est là notre enjeu, que l’enfant soit pris en charge très jeune afin de l’équilibrer, de le stabiliser », conclut Denis Baraby.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de