Ces vivaces qui me font vibrer

Par Eric-Olivier Dallard

Un jardin, c’est vivant. Je ne vous apprends rien. La partie aérienne des vivaces meurt avec les premiers gels, sauf pour les feuillages persistants évidemment, et au printemps, tout renaît. Fantastique non? Et oui, je suis de celles que ça fascine encore après… tant d’années! Je vous le concède, côté fleurs en particulier, je suis facile à émouvoir.

Chantal Rochette – www.aucoindujardin.com

Cette saison, j’ai fait quelques découvertes. Des vivaces, plus ou moins nouvelles qui sont venues me chercher. Nous avons tous des critères différents pour aimer une vivace ou une autre. Pour beaucoup de gens, c’est la durée de la floraison qui est importante. Pour moi il en est tout autrement. J’aime qu’un jardin soit en constant mouvement. Et donc sans snober les vivaces à floraison prolongée, loin de là, je me permets souvent d’intégrer au jardin des vivaces qui me font vibrer tout simplement, même si ce n’est que pour un 

moment… Difficile de vous mettre ça par écrit. C’est parfois la couleur, le contraste, la forme de la fleur ou sa grosseur, son port, sa hauteur, son côté unique, son exubérance même. En écrivant ces mots, j’ai l’impression de vous décrire un gros pavot orangé, au cœur bleu violacé qui s’active au vent… Pour moi, il est impossible d’y résister, malgré le fait qu’il ne fleurit que peu de temps au printemps, et qu’ensuite son feuillage soit pour le moins… ordinaire. La beauté de cette fleur lui pardonne tout ça. 

 

Il en est une autre vivace que j’affectionne particulièrement depuis toujours: la centaurée montana. Je suis une fille «bleue», voilà certainement ce qui m’a attirée chez cette vivace. Un bouton décoratif en soi, qui s’ouvre sur un cœur violet, duquel partent de fins pétales en rayons, d’un bleu électrique, vibrant. En contraste avec une vivace à fleurs jaunes, c’est toujours gagnant. Et voilà qu’une nouvelle venue dans la famille fait son entrée sur le marché: la centaurea montana «Amethyst in Snow»; le même cœur violacé, mais cette fois les pétales sont blancs, comme neige… Non seulement la fleur a-t-elle une forme unique, mais ce contraste de couleur est saisissant. Je ne l’ai pas encore essayée, mais le ferai prochainement c’est certain. Et j’aurai sans doute tendance à l’entourer de vert surtout avec peut-être un peu plus loin une autre vivace du même bleu violacé que le cœur de la centaurée pour non pas lui voler la vedette mais au contraire faire ressortir encore plus la beauté de la combinaison des couleurs sur une même fleur. Mon choix s’arrêtera sans doute sur un hosta très vert, et une florifère salvia, bleu-mauve.

 

Il y a une autre vivace que j’ai découverte cet été, mais qui existe depuis longtemps probablement. C’est une petite plante alpine, zonée 5; voilà probablement pourquoi d’ailleurs je ne m’y étais jamais attardée, mais maintenant je me risque, en protégeant avec un bon paillis pour l’hiver au cas où le couvert de neige serait insuffisant. Son nom latin: Lewisia. Un feuillage succulent, lustré, disposé en rosette, entre 5 et 15 cm de hauteur. Son feuillage est persistant, donc on ne le coupera pas à l’automne. Et en juin-juillet, cette toute petite plante se couvre de fleurs, à la forme semblable à de petites marguerites de plusieurs couleurs, du blanc au rose, en passant par le pêche, le jaune, voire le oranger. Et tout ça sur le même plant. C’est comme un minuscule bouquet, tout à fait spectaculaire. Au magasin, nous sommes tous tombés sous le charme. En rocaille, ou dans une auge, en prenant soin de l’entourer de gravier pour éviter la pourriture, elle vous ravira, j’en suis certaine.

 

À la mi-août, c’est déjà le temps pour nous de commencer à penser à nos commandes de la saison 2012. Les catalogues de vivaces sont arrivés! On redevient comme des enfants en les feuilletant. Je prendrai donc quelques minutes pour penser à vous, et vous dénicher pour la prochaine chronique, quelques nouveautés!

 

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de