C’est non, pis c’est toute, point final!

Par Josée Pilotte
C’est non, pis c’est toute, point final!

Je me souviens de la frustration que je ressentais quand j’étais jeune et que je demandais à ma mère une explication et qu’elle me répondait par ce simple mot: Non!
Comme à chaque fois, je lui demandais: Oui, mais pourquoi? C’est alors qu’elle me sortait sa phrase favorite qui me mettait hors de moi pendant des heures: C’est non, pis c’est toute, point final!

Je me suis entendue dire cette même phrase à mon fils la semaine dernière qui me demandait pour la énième fois «pourquoi» je ne voulais pas qu’il traîne toute la soirée au village… «Bon, arrête Lou, j’ai dit non, pis c’est toute, point final!»

Et il m’a répondu qu’il avait 13 ans, qu’il était responsable, que c’est l’été, donc SES vacances, et qu’il serait grand temps que je pense à arrêter de gérer sa vie comme s’il avait 10 ans! Autre époque, autres moeurs et fin de l’anecdote.

J’ai assisté la semaine dernière au conseil municipal de Piedmont. Dans les faits, c’était supposé être une consultation publique sur un projet de règlement qui concerne la zone des anciennes cascades d’eau. Dans les faits, les gens dans la salle pensaient eux être conviés à une séance d’information et de consultation sur un projet de développement de centre commercial aux cascades d’eau. Vous pouvez donc vous imaginer à partir de ces deux faits que personne ne se comprend. Je dirais même que c’est la confusion totale.

Je me suis alors posé la question : Pourquoi changer l’affectation?

Je vous passe tous les détails. Je vous invite d’ailleurs à lire le texte de mon collègue Thomas Gallenne qui explique très bien la chronologie des évènements. Mais en gros, la municipalité veut changer l’affectation et par le fait même le zonage, qui passerait de récréatif à du commercial intermédiaire. Par conséquent, ce changement d’affectation permettrait à un éventuel promoteur de soumettre au conseil municipal, un projet de centre commercial.

C’est ici que tout se complique, parce que la municipalité prépare le terrain, en avançant le fait qu’elle veut «contrôler» le développement futur de ce terrain, sans pour autant avoir de projets sur la table. Toute une vision, Monsieur! Sauf qu’on sait que le promoteur Guylain Verdier a fait au moins une présentation «officieuse» de son projet commercial au maire Clément Cardin et à son directeur général Gilbert Aubin. Pourquoi tout ce mystère ou cet empressement à agir, alors qu’à priori, il n’y a rien? Pourquoi les citoyens sont tenus à l’écart sur quelque chose qui va avoir un impact non seulement sur eux mais sur l’ensemble de la région, et ce pour les 20 prochaines années?

Car toutes les apparences laissent à penser que la municipalité est en réaction à un projet officieux. La municipalité nous laisse croire qu’elle n’a pas le choix de procéder à un changement d’affectation et de zonage, sans motiver cette décision. Et c’est là que se situe la nébulosité de toute l’affaire. Pourquoi ce changement? Le maire répond qu’il y a du vandalisme et qu’il faut y mettre fin. Est-ce que cela justifie un changement d’affectation et de zonage? Tout ça contribue à l’incompréhension du dossier et à son manque de transparence.

Comment alors demander aux citoyens de se positionner, de donner leur avis, de se responsabiliser, sur un dossier qui en partie est payé avec leurs taxes, sur un projet qui n’en est pas encore un, aux dires de la municipalité? Et en plus, toute cette démarche viserait un éventuel projet qui ne serait pas destiné aux citoyens mais à une clientèle en transit. Autrement dit, ce projet pourrait se résumer ainsi: le touriste entrerait à Piedmont pour une pause pipi, le plein d’essence et de bouffe, ainsi que deux-trois cossins, et sacrerait aussitôt son camp par une belle future bretelle d’autoroute, pour s’en aller vers sa destination…

Si je comprends bien, ça serait donc ça la vision future du conseil municipal. Méchant beau projet de société!

Alors je reviens à ma question initiale:

– Pourquoi tout ça, s’il n’y a rien sur la table?

– Parce que c’est de même, pis c’est toute, point final!

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