La deMOIs’aile : Cher cauchemar

Par Amélie Bellemare Huskin, étudiante à A.N.Morin
La deMOIs’aile : Cher cauchemar

Cher cauchemar,

Nous sommes au cœur de la nuit au moment où tu viens me rendre visite. Je n’ai jamais consenti ta présence, pourtant tu es bien là. Je dormais paisiblement la seconde avant que tu décides de troubler mon sommeil et, désormais, je dois te supporter.

Ce n’est pas un cadeau de disposer de toi au sein de ma vie aussi quotidiennement. Sans mon approbation, tu te faufiles dans ma tête et tu t’accapares les mauvaises choses qu’elle renferme. Celles qui, pour être en état de m’endormir, j’ai pris un temps fou à enfouir le plus loin possible. Toutes ces pensées négatives, ces souvenirs douloureux, ces peurs qui me terrifient chaque jour…

Tu piges un peu au hasard parmi tout cela, tu remanies quelques petits détails, tu sélectionnes une ou plusieurs personnes, puis te voici né. Tu es ce film d’horreur que tu m’astreins de visionner. Par la suite, tu sors de ma tête, me laissant dans l’incapacité de me rendormir aisément. Certaines nuits, tu repasses même une ou deux fois, à croire que tu ne t’étais pas attardé suffisamment longtemps plus tôt.

La Demois'aille
Amélie est étudiante à l’école secondaire A.N. Morin.

Quelques fois, ça semble tellement réel, comme si j’avais la capacité de ressentir les choses physiquement. Il peut arriver que quelqu’un se rue sur moi, pose ses mains à mon cou et le serre le plus fort possible, me laissant ainsi suffoquer. Puis, je me réveille, paniquée, discernant une douleur au cou et respirant fort, comme si ça s’était véritablement produit.

D’autres fois, je me retrouve avec une personne que j’aime. Je m’approche d’elle, mais elle s’éloigne de moi. Je la suis donc, or elle continue de déguerpir, volontairement ou forcée par quelqu’un, jusqu’à ce que je ne puisse plus l’atteindre. Je cligne des yeux et je me retrouve dans le noir, allongée dans mon lit, les larmes ruisselant sur mes joues. J’ai perdu cette personne. Je reprends mes esprits tranquillement et je suis soulagée quand je me rends compte que ce n’est qu’une peur dont tu t’étais emparée. En revanche, quelques fois, ce sont des réalités.

Par chance, ton pire ennemi s’amène également, moins fréquemment, mais il est présent quand même. Contrairement à toi, il recueille de bonnes choses. Il peut prendre des personnes identiques aux tiennes, mais il va en faire la magnifique histoire qu’il est. C’est le rêve, qui me donne envie de garder l’espoir que mes souhaits les plus irréalisables se transforment en réalité un jour. Il est l’une des raisons qui font que je passe une bonne nuit. Il se manifeste généralement sous forme étrange, mais je le favorise de loin à toi.

Si j’avais la capacité de contrôler vos venues, tu serais inexistant à mes yeux, mais étant donné que c’est absolument impossible, je te le demande. Cher cauchemar, si tu pouvais arrêter de venir me hanter la nuit, ça me ferait terriblement de bien.

Amélie

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