Choisir la Vie…

Par Jocelyne Cazin

La journaliste d’enquête, animatrice et conférencière de renom Jocelyne Cazin chronique dans Accès chaque semaine du mois d’octobre.
«CETTE PETITE AVAIT UN GRAND BESOIN D’ATTENTION, ils sont où les parents de cette fillette?» C’était en juillet dernier, une des multiples réactions que l’on pouvait lire et entendre au lendemain de l’annonce du canular par cette enfant de 12 ans qui affirmait qu’elle avait été kidnappée à St-Sauveur, alors qu’il n’en était rien. Elle avait dérangé beaucoup de monde pour rien cette petite!

Où sont les parents? Moins de deux mois plus tard, les parents pleurent la mort de leur fillette, qui cette fois, n’a pas crié au loup. Mais peut-être que la petite fille a voulu faire semblant de mourir en voulant attirer l’attention une autre fois!? C’était une fois de trop. Elle ne dérangera plus jamais personne.

Une mort violente, une mort que l’on ne peut imaginer pour une enfant de 12 ans. Une mort par suicide.

Pas besoin d’être psychologue ou spécialiste de l’âme humaine pour comprendre que cet enfant avait non seulement un grand besoin d’attention, mais surtout un grand besoin d’aide. Il n’est pas question d’accuser qui que ce soit ici, il est surtout question de briser le tabou sur cette affreuse façon de mourir. Je pèse bien mes mots: on ne se suicide pas parce que la vie est belle et que tout va pour le mieux.

Choisir la Vie

Le 28 septembre dernier, j’assistais au spectacle de Martine Montpetit, une jeune chanteuse qui a perdu un ami et musicien l’an dernier par suicide. Plutôt que de garder sa peine pour elle, Martine a décidé de canaliser son énergie en offrant une superbe performance sur scène; une façon bien à elle de faire de la prévention. Durant deux belles heures au Théâtre du Vieux-Terrebonne, Martine, ses musiciens et des amis choristes de la région de St-Sauveur, Pierre et Hélène Davidson entre autres, nous chantaient que la vie valait la peine d’être vécue. Chaque moment que nous proposait Martine sentait la vie à pleins poumons, même si parfois elle nous étouffe.

J’ai accepté de «marrainer» le spectacle de Martine parce que j’ai aussi choisi la vie: Comme Martine probablement, choisir la vie, c’est comprendre que la vie en soi est un effort. Malheureusement, nous ne sommes pas dans un monde d’efforts. Nous sommes à un clic de tout, nous sommes dans une société ou tout se jette, y compris les relations humaines. Les mots «reconnaissance» et «responsabilité» sont des mots oubliés.

Faut-il baisser les bras pour autant? Je dis à pleins poumons «NON!»

Bonne nouvelle ou refus de voir la réalité?

Vous avez lu la bonne nouvelle? Le plus récent taux de suicide enregistré au Québec est le plus bas en 25 ans dans la province. La région des Laurentides suit la même tendance. On a tout de même perdu 89 personnes l’an dernier, surtout des hommes de 25 à 44 ans. Un coup de téléphone au Centre de prévention Suicide Laurentides m’a appris que depuis quelques mois, trop d’hommes de la région de Mt-Laurier sont dans un état lamentable, parce que le travail et la reconnaissance se font rare et qu’ils n’ont trouvé aucune autre motivation pour persister à vivre.

Alors, ne nous laissons pas berner par des chiffres qui camouflent une dure réalité. Regardons plutôt autour de nous. Les problèmes de santé mentale, de dépression eux vont en augmentant.

Trop de gens malheureux s’enlisent et se gèlent aux pilules.

Des gens qui ne se souviennent même pas que l’automne dans les Laurentides, surtout ces jours-ci, donne un sérieux coup de pouce à la vie. Chaque matin nous offre une nouvelle palette de couleurs. Je ne voudrais pas être ailleurs!

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