ÊTRE CÉLIBATAIRE, EST-CE SUBI OU CHOISI ?

ÊTRE CÉLIBATAIRE, EST-CE SUBI OU CHOISI ?
Diane Baignée
Chronique aînés

HUIT LAURENTIENS* D’ÂGE MÛR PRENNENT LA PAROLE

Chronique défi, bien vieillir par Diane Baignée

diane.baignee@gmail.com

Diane est travailleuse sociale en pratique privée

 

Quatre hommes, quatre femmes, tous volontaires. Ils sont âgés de 53 à 69 ans. Leur célibat remonte à deux ans… jusqu’à neuf années, s’exclame l’aîné de la soirée.

« Le phénomène du célibat en âge avancé […] est une réalité de plus en plus présente chez les 50 ans et plus et il faut faire quelque chose pour rallier tout ce monde! », observe Jacynthe Tremblay, instigatrice de l’événement. Faisons le point. On se fait une tablée, on mange, on jase, comme Jeannette a su si bien le faire.

Des gens souriants, sympathiques et surtout ouverts à mettre sur la sellette leur vision des choses. Passons aux aveux! Des rêves communs, des critères différents et des peurs, surtout des peurs non manifestes, à première vue.

Ils ont tous été mariés. Ils ont eu des enfants et travaillent encore, en majorité. Heureux ou malheureux d’être seuls? La plupart, désillusionnés, dirais-je. On croyait bien croiser l’âme sœur avec facilité à un âge avancé. Au fait, la maturité serait-elle un gage d’accessibilité à cette complicité tant convoitée? Pas vraiment. Des douleurs émotionnelles se sont transformées au gré des années en un épais bouclier protecteur.

Quand le virtuel fausse la donne

Qu’ont fait ces personnes pour rencontrer? Elles ont navigué dans les grands catalogues virtuels populaires. Par le biais de sites Internet, elles ont vécu, en finalité, des expériences décevantes. On s’affiche plus jeune, plus grand, presque parfait ou avec quelques mignons défauts. Bref, une description maquillée, des photos pas très récentes pour se donner bonne allure, bonne figure. Le virtuel est devenu la porte d’entrée de la séduction. Or, au moment de la première rencontre, la quête perd fréquemment son ardeur. Parfois curieux, on explore davantage. Finalement, le temps a donné raison au désenchantement. D’autant plus, il n’est pas rare de se prendre au piège du jeu de la surenchère. On cumule les rencontres à la recherche de « la personne parfaite ». La peur de l’engagement y est-elle pour quelque chose dans cette histoire?

Le célibat… on l’aime, mais pas se sentir seul

Seul par choix et satisfait de sa décision? Oui, non, oui et non. Au fait, on voudrait préserver ses acquis, ses activités, ses valeurs, ses priorités, ses amis, ses loisirs. Est-ce possible d’introduire une relation dans un horaire déjà bien chargé? Certains sont déjà en processus de réflexion sur le sujet.

Et en bout de piste, tous désirent une éventuelle vie de couple, mais des critères sont au rendez-vous. En vrac, on souhaite l’amour, la folie, la complicité, la spiritualité, la simplicité. On recherche l’équité, la fluidité, l’humour, une personne en pleine santé, l’absence de conflit, de jugement, beaucoup de chimie, de confiance et devenir les meilleurs amis. C’est assez simple! Mais on reste sur son appétit.

Il me semble que ce discours n’est pas lié qu’à ce groupe si bien intentionné. Le phénomène m’apparaît plus large. Inhérent à notre société actuelle, des valeurs d’individualité, de performance, d’exigences, de prêt-à-manger, prêt-à-porter. Par surcroît, ce monde virtuel inséré dans nos mœurs et notre mode de vie. Moins de face à face. On se texte et se messengerise. C’est pratique, mais pas vraiment l’idéal pour entretenir une relation.

Une vie intérieure et sociale qui évolue

Sans pouvoir trouver « la » solution pour s’engager sur les rails de l’amour, il existe des solutions de remplacement qui, somme toute, apportent un certain réconfort. À défaut de vivre en couple, ces célibataires se mettent en action avec détermination. « Les expériences passées auront néanmoins permis de nous faire évoluer », affirment-ils. Le célibat donne l’occasion pour plusieurs d’apprendre à gérer la solitude, à mieux se connaître et à « développer sa force intérieure ». De plus, « ça nous incite à élargir notre réseau social. Il faut sortir pour briser l’isolement », nous rapporte un participant.

Il y en a une qui a bien compris cela : Mme Tremblay. Elle a mis sur pied un groupe virtuel nommé Ensemble. Des activités bien organisées permettent aux gens seuls et matures de se rencontrer et de socialiser. Quelle bonne idée!

Enfin, cette soirée se termine avec contentement, même si tout n’a pas été réglé. Ce fut un autre pas pour mieux vivre ensemble, même seul.

*Le genre masculin a été utilisé pour faciliter la lecture

Pour informations concernant le groupe Ensemble, écrire à : ensembleactivites@gmail.com

 

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

[+] Plus dans Chronique aînés

  • Fin de vie : Le Grand Passage

    Et si la mort n’était pas une fin mais une continuation de la vie sous une autre...

  • Pas tellement!

    Chronique Au coeur du monde par Diane Baignée diane.baignee@gmail.com   « J’ai peur de finir en CHSLD! » s’exclamait...

  • Qu’est-ce qui bloque l’embauche des 55 ans ou plus?

    Suzanne St-Michel, collaboration spéciale Combien d’entre nous seraient restés au travail après 60-65 ans alors que l’employeur...

  • Trouver l’amour à 55 ans ou plus!

    Les publicités sur les sites de rencontre de toutes sortes nous transmettent l’idée que si vous adhérez...

X