Chronique de vin

Par Nicolas Quinto, Sommelier
Chronique de vin
Nicolas Quinto, sommelier

Une deuxième chance

Photo : Les Pervenches

Lorsque j’ai l’occasion de promouvoir un vin d’ici et surtout parler des artisans, je ne souhaite qu’une seule chose : reconquérir le coeur des Québécois. Longtemps les viticulteurs québécois ont été influencés par les vins de leurs voisins. Difficile de comprendre pourquoi nous essayions de trafiquer la nature pour tenter de copier ce qui se faisait de l’autre côté de la frontière. Les débuts ont été marqués par des vins à l’acidité trop élevée, aux goûts très douteux et teintés par le bois. Tout cela dans le but de concevoir des vins comme il se faisait dans le Bordelais ou même la Napa Valley. Aujourd’hui, nous avons appris et les dix dernières années nous prouvent totalement le contraire. Le Québec est maintenant un joueur sérieux qui rivalise sur la scène viticole et les vignerons ont saisi l’opportunité de planter de la vigne dans notre belle province. Comprendre son terroir et savoir comment le maîtriser ne se faisait pas du jour au lendemain. D’année en année, de nouveaux projets émergent et les pionniers de l’agriculture biologique continuent leur travail de moine. Nous ne pouvons qu’être fiers du progrès accompli. Nous pensons aussitôt aux domaines tels que Les Pervenches, Négondos, Domaine du Nival, Vignoble Pigeon Hill, Domaine Bergeville, Lieux Communs et plusieurs autres… Ce n’est qu’un début et le meilleur reste à venir! Donc, prochaine fois que vous irez manger au restaurant, penser à boire local et surtout éliminer vos idées préconçues du vin québécois. Santé!

Glou Glou

Ce fameux beaujolais. Un vin qui aura assurément marqué les baby boomers de notre beau Québec! L’époque du vin nouveau a grandement évolué depuis les années sombres du Beaujolais. Des pionniers du vin naturel comme Marcel Lapierre et Jean Foillard ont participé fortement à la renaissance de l’appellation. Longtemps associé à des vins de piètre qualité, le Beaujolais brille de toute sa splendeur depuis maintenant plusieurs années. Avec un terroir unique et surtout dix crus qui démontrent tout le potentiel de la région, j’ai eu l’occasion d’être surpris à plusieurs reprises du fait qu’ils arrivent à batailler avec leurs voisins à la réputation qui les précède. Les mal-aimés de la Bourgogne ont appris à crier haut et fort et se distinguent aujourd’hui avec un lot de jeunes producteurs étoiles.

Ici, Karim Vionnet, un vigneron d’expérience qui travaille depuis toujours dans le respect de la nature, ne filtre pas ses vins et n’utilise aucun intrant chimique lors des vinifications. Entouré des plus grands producteurs, il a appris les bonnes méthodes de travail et agit également comme chef de culture du grand Guy Breton. On pourrait dire que le Beaujolais-Villages de Karim Vionnet est le parfait vin de soif! Un vin rouge au fruit éclatant qui saura vous désaltérer lors des plus grosses canicules. En apéro, autour de charcuteries, avec du flétan de la Gaspésie ou tout simplement pour partager un moment entre amis!

Beaujolais-Villages, Karim Vionnet 2019

Prix : 23,25$  |  Code SAQ: 13581318

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