Être grosse en été!

Être grosse en été!
Mimi Legault
Chroniques

La chronique à Mimi

par Mimi legault
mimilego@cgocable.ca

 

Je m’attendais à une pluie de protestations de votre part en vous avouant dans ma dernière chronique mon aversion pour cet été trop chaud, humide et collant tel que nous le vivons cette année. Mais non!

Vous êtes tellement gentils! Je vous écrirais bien des mots «chaleureux» en remerciements, mais le facteur humidex qui touche aujourd’hui les 40 degrés Celsius m’en empêche.

Alors j’ai continué à visionner des films qui me donnaient froid dans le dos, à demeurer de glace devant des propos mensongers de Trump. Je suis allée faire un tour sur Côte-des-Neiges et j’ai quasiment envié un prisonnier qui croupissait à l’ombre…

Lorsque les degrés du thermomètre montent plus rapidement que les cotes à la Bourse, il y a comme un os dans le fromage. Les jours s’évaporaient sous une chaleur tropicale. Juillet a collé à notre peau et voilà qu’août se fait languissant. M’enfin.

La plage est devenue ma seconde nature. Bien assise sur ma chaise pliante et les orteils dans le sable, j’ai observé tous ces corps bronzés, ruisselants, des gras, des chétifs, des poilus, des ventrus et celui des femmes bourré de cellulite dès l’âge de 50ans. On n’y échappe pas, à quelques exceptions près. Puis, j’ai rencontré Marilou native de Montréal, début trentaine. Drôle comme Lise Dion. Je vous la présente en toute simplicité.

Je suis grosse. Non, non, pas grassette, grosse. Énooooorme! Finalement, obèse, n’ayons pas peur des mots. On ne dit pas de moi que je suis une «no body» parce que le «body», je l’ai.

Comme le Grec, je vais mourir dans ma «Graisse» natale. Je m’appelle Marie-Louise, mais appelez-moi Marilou. Faute de maigrir, je rapetisse au moins mon nom. Célibataire non pas par choix, mais par dépit. Max, mon chat, est mon heureux compagnon en l’honneur du joueur des Canadiens de Montréal Max Pacioretty. Comme lui, il est bourré de talent et aime paresser parfois dans les coins et traîner de la patte. Mais moi, je ne l’échangerais pour rien au monde, mon beau mâle.

Je pèse environ 296 livres. Suis pas heureuse ni malheureuse. Un peu mal dans ma peau que je traîne comme un dix roues. Je compte à mon actif exactement 27 régimes supposément miracles. Tous ratés. «Calories faire?»

Ne venez surtout pas me dire que c’est une question de bonne volonté. Plus capable de l’entendre celle-là. Du courage j’en ai autant que vous, tiens! Je me souviens encore du régime des bananes. C’est pas «Dôle Dôle»… Nommez-les, je les ai tous essayés. Sauf le régime militaire.

Et l’été est arrivé. « Je pense, donc je sue. » La pognez-vous? Non? Pas grave, même mes blagues sont épaisses. Je préfère l’hiver, les gros manteaux, les chandails amples et les foulards qui cachent mon triple menton.

Côté amitié, ça va. Mais pas plus. Elles sont gentilles, mes chums de filles, mais aucune ne souffre d’obésité. Elles ignorent certains « petits » détails. Comme celui de choisir un resto avec des banquettes aussi étroites que des pensées de politiciens. Dans ce temps-là, je simule un rendez-vous et je vais retrouver mon beau Max.

J’ai eu un chum. Gros comme une échalote. Il me jurait être attiré par des belles poupounes comme moi. J’étais son fantasme, 300 livres de fantasmes! Je lui rappelais la mer, il se perdait dedans. Flux et reflux, plis et replis. Il se moquait gentiment de mes rondeurs. Si je bougeais trop dans le lit, le chum prenait vite le bord. Puis, un soir, la chicane a «pogné». Un tsunami d’insultes comme celle où mes seins ressemblaient à deux plats de Jell-O qui n’avaient pas pris. Des niaiseries d’même. J’ai mis «l’échalote » hors de mon jardin. Il venait «drett là » de perdre tous ses points Air Miles.

J’vais vous dire, la poupoune, elle est bien tannée d’être grosse. Tiens, dans le journal, on parle d’une nouvelle diète. Après tout, ça fera juste ma 28e…

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