Party d’été

Party d’été
Mimi Legault
Chroniques

La chronique à Mimi

par Mimi legault
mimilego@cgocable.ca

La chaude saison est arrivée. Comme chantait Pierre Lalonde « C’est le temps des vacan an an ces » et mes chroniques prendront un ton plus léger. On déconnera ensemble, voulez-vous? Ne prenez surtout rien au pied de la lettre et lisez sous un œil humoristique.

Il y a de cela une couple d’années, j’ai été invitée dans un méga party, je connaissais à peine les gens et n’étais certes pas la seule. Le genre de fête où sitôt débarquée, tu regrettes déjà d’y être, et où tu regardes ta montre tous les cinq minutes. Mais bon, j’y étais. Je me suis alors assise tranquillement dans un coin et de là, je les ai regardés vivre. Ça faisait deux fois que j’allais à ce party : la première et la dernière. L’endroit était somptueux. Comme disait ma grand-mère, toute la péteuterie s’y trouvait.

On avait prévu l’imprévu. En cas de pluie, un chapiteau trônait au milieu de la place. Comme les météorologues avaient annoncé du mauvais temps, il faisait beau. Je me suis ennuyée à mourir à écouter tous ces invités qui parlaient de tout et de rien. De rien, surtout. Je vous en présente quelques-uns.

Les hôtes qui s’occupaient des autres. Des gens charmants, vraiment. Mais comment dire… Ils suaient la richesse et voulaient que ça paraisse. Pourquoi pas? Ils s’appelaient mutuellement par des noms doux qui ont vidé la liste des noms d’animaux. Mon minou, pitou, ma poule, mon lapin, ma belle tigresse, mon gros nounours, chaton, mon poussin, ma biche, ma puce. Quant à exagérer pourquoi pas mon canari bleu du Brésil, Ma sirène des Îles, mon phœnix? En tout cas.

D’abord, le « têteux ». Toujours collé au buffet. Il possédait un talent incroyable, celui de monter dans une seule assiette cinq étages de salades, de hors d’œuvre, de petits pains chauds et de pâtés. Toujours le bras tendu pour attraper un verre d’alcool au vol. Son slalom entre les invités relevait de la haute voltige. Il a finalement terminé sa soirée la tête dans le bol à punch.

La « parfumée ». Ou si vous préférez, la vaporeuse ou l’évaporée. Mettons qu’elle dégageait. On pouvait la suivre à l’odeur exécrable et trop abondante qu’elle semait derrière elle. Parfum si sucré que même un diabétique risquait une crise. Tellement maquillée la pôvre qu’au soleil, elle s’est mise à dégouliner lentement mais sûrement.

Il y avait également la « p’tite kétaine » et la « grosse bedaine ». Comme ils allaient bien ensemble! Elle d’abord. Faisait du bruit avec ses « jewels » en sterling, avec ses souliers à talons trop hauts, avec son petit rire énervant, également trop haut. Lui. Belle cravate en guise de laisse. Faisait du bruit avec son dentier qui claquait et qu’il perdait à l’occasion à cause des nombreuses tapes amicales qu’il multipliait comme un ministre dans le dos de gens qu’il disait connaître. Un rire obèse et gras qui « m’aigrit »…

Il y avait le « Trumpiste ». Le fort en gueule. Cigare au coin des lèvres, il voulait absolument un auditoire pour lui seul. Une grande bouche, pas d’oreilles. Avait raison sur tout. Il haussait le ton, vociférait, postillonnait devant des gens qui faisaient semblant de l’écouter et qui trop gênés pour le faire, rêvaient d’essuyer les bavures du bavard.

Juste à côté se trouvait la décolletée ménopausée. Bourrée de collagène et de silicone, qui cherchait son mari en train de danser avec une jeunette de 20 ans, lui-même rempli de sangria et de viagra.

À un moment donné, son épouse est passée près de lui. En costume de bain et un peu trop au garde à vous au goût de sa douce, il a plongé dans la piscine aidé d’un coup de hanche de sa tendre moitié. Pour le plongeon, je lui ai donné 7/10.

Pas loin de là, la Barbie. Elle portait les seins aussi hauts que les amygdales. Celle que les hommes désirent et que les femmes détestent et envient tout à la fois. Longue comme une chaise longue. Vernie de la tête aux pieds. Tellement, que sous la pluie, elle risquait de s’écailler.

C’est vers minuit que je me suis mise à les trouver intéressants. Alcoolisés à 40%, désarticulés, mines déconfites et idées confuses. Se foutant totalement du protocole, la bouche pâteuse et le geste incertain. Tous prêts à tomber dans les confidences et les hilarités. C’est vers cette heure précise où l’alcool non encore dissipé les a fait paraître parfois drôles, si malhabiles mais si… vrais!

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