LA PLANÈTE NE TOURNE PAS ROND ! Des aînés inquiets…

LA PLANÈTE NE TOURNE PAS ROND ! Des aînés inquiets…
Diane Baignée
Chroniques

Chronique défi, bien vieillir

par Diane Baignée

En âge avancé, moins d’écrans pour se protéger du stress

Lorsqu’on avance en âge, le stress nous afflige plus qu’avant. L’anxiété se dépose avec aisance sur cette peau vieillissante qui, d’ailleurs, s’amincit. Notre armure ne résiste plus aux intempéries de la vie. Les sentiments de protection et de défense – qui nous permettaient de tenir tête au monde extérieur – n’ont plus ce même tonus.

Il devient donc encore plus difficile de se prémunir contre tous ces aléas de l’environnement. C’est alors que l’instabilité et le déséquilibre de l’extérieur fragilisent davantage nos aînés déjà vulnérables, pour plusieurs.

Des heures de mauvaises nouvelles

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que l’activité préférée de nos seniors est de regarder la télé. Quelques-uns, quoique de plus en plus nombreux, utilisent une tablette pour y lire, entre autres, le journal virtuel. C’est ça l’évolution.

Les personnes à mobilité réduite apprécient d’autant plus l’accès à Internet et aux stations d’information spécialisées. Une fenêtre plus large s’ouvre sur le monde pour nos aînés.

Or, ces derniers temps, j’étais à la recherche de ne serait-ce qu’une brèche de bonnes nouvelles. Plutôt rares. Défilent sur nos écrans conflits politiques, catastrophes naturelles (?) et injustices sociales. Bref, des malheurs qui, finalement, conduisent à créer une forme d’anxiété individuelle et collective.
Parmi le public récepteur, auditeurs et lecteurs de nouvelles, un nombre appréciable d’aînés captivés par leur téléviseur, et ce, plusieurs heures par jour.

Prenons l’événement d’Irma. Émissions spéciales et reportages multiples.

Comment ne pas être ébranlé devant ce désastre. Des images de détresse, des territoires dévastés et inondés. Ça donne le frisson. Irma la douce effeuille sa rage. Elle est sortie de ses gonds. Ses copains, Harvey, Jose, Max, et Maria, la petite dernière, font également partie de la cavale. Mère Nature ne peut donc plus calmer l’agitation de ses rejetons!

Nous sommes donc habités par l’émotion devant une série de mauvaises nouvelles qui déferlent. Elles sont présentées en boucle, en rafale, plusieurs fois dans une même heure. Nous « zappons ». Partout, c’est du pareil au même. Pour agrémenter le tout, certains (pour ne pas les nommer), demeureront stoïques devant les effets du réchauffement de notre planète. Act of God? Disons que ce God n’est pas le seul responsable. Ça aussi, c’est inquiétant!

Snowbirds… demain l’hiver!

J’ouvre une parenthèse pour parler des voyageurs qui s’exilent au sud. Texas, Turcs and Caicos, Cuba, Mexique et la Floride. Où iront nos snowbirds cet hiver? Un nombre important de retraités partent tous les ans pour s’installer au soleil six mois ou moins. Une roulotte, une minimaison, un Winnebago, tous les moyens pour s’évader de « mon Pays, c’est l’hiver ». Plusieurs ont tout perdu. D’autres auront des réparations majeures à envisager. Ce petit patrimoine s’est envolé. Cette semaine, c’est le sujet de l’heure. « Tout est chamboulé, tout le monde, partout ». Pas surprenant qu’une forme d’anxiété subtile s’installe chez ces spectateurs, ces touristes, ces voyageurs aînés. Disons qu’on y a goûté cette année!

Effets sournois

Et quand vient le temps d’aller au lit, après avoir éteint le poste de télé, un sommeil fragilisé ou irrégulier se mêle de la partie. Effet sournois du sensationnalisme? À vous d’en juger. Il vaut mieux remettre du calme en soirée avant de retrouver Morphée.

En ajoutant des années au calendrier, des sentiments d’insécurité et de vulnérabilité se manifesteront davantage. Il est bon de retenir « qu’une personne âgée vit en effet de l’insécurité si personne ne lui rend visite, si personne ne s’occupe d’elle et si personne ne veille à son bien-être. Elle vit également de l’insécurité si elle éprouve des difficultés financières ». De plus, quand le monde qui l’entoure tourbillonne, rien ne va plus pour alimenter cette précarité. D’où l’importance qu’elle soit entourée, soutenue et, évidemment, mise en confiance.

Quelquefois, je me rappelle ces échanges du dimanche matin, sur le parvis de l’église. On se parlait de tout et de rien. On se saluait, riait, se confiait les plus récents potins et nouvelles de la paroisse. C’était léger! On se retrouvait tous réunis, au dîner, autour de la table. On s’échangeait les dernières nouvelles…

Diane Baignée est travailleuse sociale en pratique privée.
Pour commentaires ou questions, vous pouvez la joindre à diane.baignee@gmail.com

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