Tendres émotions, quand vous décidez de remonter…

Tendres émotions, quand vous décidez de remonter…
Chroniques

 

Avec le printemps qui tarde à arriver, je suis un peu paresseuse et casanière en me donnant pour excuse qu’il ne fait pas assez beau dehors pour que j’aille juste pour m’y promener. Une vraie façon de pensée de «petite vieille» vous me direz, ce que je suis peut-être en train de devenir mais que j’espère ne pas être encore devenue! Alors je me suis secouée, aujourd’hui est une si belle journée et à date, c’est assez rare cette année. On est quand même en mai et j’étais bien tannée moi d’attendre après toi soleil…

Il était si brillant ce matin et le ciel d’un bleu si pur que j’ai finalement pris mon courage à deux mains et je suis partie faire une longue marche de six kilomètres pour changer l’air de mes poumons, approvisionner mon cerveau en belles images, et pour méditer un peu. Y faut dire que j’me suis sentie un peu patraque ces derniers temps, et que les gens que j’ai tant aiméS et qui sont ne sont plus là me manquent énormément. Autant les vivants absents que ceux qui sont morts. Cette nostalgie est passagère j’en suis sûre mais assez intense. 

 

Toujours est-il que j’ai commencé à marcher et qu’au tout début de ma randonnée j’ai aperçu un couple de becs-scies magnifiques qui se faisaient la cour sur le lac St-François-Xavier. En les voyant j’ai eu un tel coup de cœur et je me suis trouvée tellement privilégiée de faire une si belle rencontre que le cafard que je ressentais jusque là est parti, subitement! Je me suis mise à penser aux belles histoires d’amour de ma vie, puis à tous ceux qui me regardent d’en haut et qui y sont sûrement très heureux, à mes parents adorés, à mes merveilleux grands-parents et à plein d’autres personnes chères aussi. Je me suis souvenue de tout ce que m’ont donné et appris ces magnifiques personnes, et à la chance que j’ai eue de vivre si bien entourée. Les beaux souvenirs ont commencé à refaire surface….

Je me suis souvenue que c’est papa qui m’a enseigné le nom de tous ces arbres qui m’entourent ici, lui qui m’a expliqué la spécificité de chaque essence existante de la forêt québécoise, qui m’a montré à couper et corder du bois, à faire des feux, à chauffer un poêle, à survivre quoi. Il m’a appris à me battre pour ce que je désirais, à me tenir debout devant l’adversité, à dire la vérité, même si parfois le prix à payer pour l’avoir fait pouvait être très élevé. C’est lui aussi qui m’a pousséE, par ses agissements, à me dépasser, à foncer et à cesser d’avoir peur de mon ombrage.

 

Et puis ce fût le tour de maman, ma douce maman qui savait tout sans qu’on le lui ait dit. Je me souviens du potager qu’elle faisait à chaque année, de la récolte qu’elle mettait en conserve, des marinades, des fous rires que nous partagions et du grand bonheur que je ressentais à l’aimer, à apprendre d’elle. Sa sagesse, sa compréhension profonde des humains, sa façon de pardonner, d’aimer tout le monde, même les moins méritants, m’ont toujours fascinée. Elle ne ressemblait à aucune autre mère. Elle était tellement évoluée, à des années lumière en avant de son époque. Une vraie extra-terrestre. J’étais si fière d’avoir une telle vieille âme comme mère. Elle est partie très tôt, bien trop tôt.

 

Je réalise qu’il m’a fallu beaucoup d’années avant que je réalise pleinement la signification profonde de l’influence que mes parents ont eu sur moi. Je ne m’étais jamais vraiment arrêtée pour y penser, trop occupée à performer, à courir. Quand ils étaient toujours sur terre, j’achetais bien mes cartes de fête des mères et de fête des pères pour les honorer, mais quand j’y pense, je le faisais bien trop machinalement. Il a fallu laisser du temps au temps pour que l’émotion monte vraiment et que le cœur parle. Alors oui, maintenant je veux vraiment bien me souvenir de ce temps si cher qui passait tellement plus lentement à cette époque, laissant plein de place pour l’amour.

 

Je réalise que le cafard peut parfois être annonciateur de quelque chose de tellement beau mais d’enfoui Ttrès profond. Les souvenirs de cette époque révolue sont remontés aujourd’hui et m’ont fait sourire. Ils sont pour moi une inspiration pure dont je veux me rappeller éternellement. Aujourd’hui, je l’affirme haut et fort: tu avais raison Antoine de Saint-Exupéry quand tu nous disais que «L’essentiel est invisible pour les yeux et qu’on ne voit bien qu’avec le cœur». Je m’en souviendrai dorénavant jusqu’à mon dernier souffle.

 

Vous me manquez beaucoup Maman et Papa! J’espère tellement que vous êtes heureux là où vous êtes!

 

 

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