Chute inexplicable à l’Hôpital régional

Par Nathalie Deraspe

Plus tôt cette semaine, un événement hors du commun a failli coûter la vie à une patiente de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme. Visiblement troublé et mal à l’aise, le directeur général de l’établissement a tenu à faire le point sur la tragédie après qu’un quotidien montréalais eut relevé la nouvelle à sa une.

Claude Blais a expliqué que la patiente, hospitalisée depuis trois jours pour une pneumonie, était légèrement confuse à son arrivée à l’hôpital. Dans la nuit de dimanche à lundi, sa confusion était à son paroxysme. Compte tenu des circonstances, le personnel infirmier a décidé de la maintenir de force dans son lit plutôt que de la voir errer dans l’hôpital.

Quelques minutes après avoir installé les premières sangles, les préposés ont dû s’absenter pour aller chercher des contentions supplémentaires. C’est alors que la dame de 74 ans, qui souffrirait d’Alzheimer, en aurait profité pour se défaire de ses liens aux poignets, ouvrir la fenêtre, défoncer la moustiquaire et s’élancer dans le vide. Au retour des préposés, la patiente gisait sur un des toits de l’édifice, situé près de quatre mètres plus bas.
«Une enquête est ouverte pour tenter de déterminer ce qui s’est produit durant les 8 à dix minutes où la patiente a été laissée sans surveillance», a confié M. Blais, qui a voulu se faire rassurant quant à l’état de santé actuel de la patiente.

Sécurité questionnable
«L’hôpital a sa politique au niveau de la contention, précise la responsable des communications de l’établissement, Ysabelle Lusignan, et ce n’est qu’en cas de force majeure qu’on utilise cette méthode.»

Malgré que l’événement se soit produit en pleine nuit, la direction de l’Hôpital régional assure que l’étage était surveillé par du personnel expérimenté. Cette nuit-là, le département comptait un préposé de plus qu’à l’accoutumée.

Même si l’établissement ne peut assurer une surveillance permanente auprès de chacun de ses patients, force est de constater qu’il y a certainement eu négligence au niveau de la sécurité.
À ce chapitre, le directeur général de l’établissement a avoué que les fenêtres étaient vieilles d’une cinquantaine d’années, mais que des travaux amorcés l’an dernier ont permis d’en changer près de la moitié: «Comme il n’y a pas de climatisation, il arrive que ce soit les patients qui ouvrent eux-mêmes les fenêtres, a expliqué le directeur de l’établissement, pour tenter d’éclaircir la situation. Mais normalement, on ne peut pas les ouvrir à leur pleine grandeur…»

Incapable de chiffrer le nombre de fenêtres qui présentaient ce type d’anomalie quand s’est produit l’accident, Claude Blais a affirmé que depuis, toutes les ouvertures ont été scrutées à la loupe.

Au moment d’écrire ces lignes, la victime repose toujours aux soins intensifs. En plus d’une fracture à l’épaule et d’une autre au poignet, la chute a provoqué l’apparition de sang dans la cage thoracique. La famille de la patiente a déclaré qu’elle attendra le compte-rendu de l’enquête avant de déterminer si elle déposera une plainte ou non.

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