CINÉMA – Une splendeur!

Par Stephane Desjardins

La malédiction des fleurs dorées

Dès les premières images, on saisit que le voyage sera fabuleux. Car La malédiction des fleurs dorées, du Chinois Zhang Yimou, est une véritable épopée historique à grand déploiement qui ne laissera personne indifférent. Le film le plus cher de l’histoire du cinéma chinois (45 millions de dollars américains) est en effet un véritable déluge d’effets spéciaux, de costumes, de décors et d’images léchées.

Ce conte historique comporte des moments qui laissent pantois. Certaines scènes font appel à des milliers de figurants (en vrai ou numériques). Les costumes sont tout simplement ahurissants. Les décors, je le répète, dépassent l’entendement par leur luxure et leur complexité. Le cinéaste a visiblement voulu nous en mettre plein la vue. Et c’est réussi!

Les images tournées dans la Cité interdite, là où l’empereur habite avec sa famille, ses centaines de domestiques et eunuques, est constituée de palais surréalistes avec des colonnes et des murs illuminés de façon irréelle, des jardins et des places remplis de millions de fleurs, des armées de domestiques et de soldats qui répondent aux ordres sans sourciller. Même ces ordres qui vous envoient à l’abattoir.

Le film regorge d’intrigues de cour, de personnages aux sombres dessins, de meurtres politiques, de chassés-croisés amoureux, de conspirations, de combats sans merci livrés parfois de façon chorégraphiques (comme c’est l’habitude dans les films chinois), de mouvements de troupes, de mystérieux guerriers qui ressemblent aux Ninja, et de personnages plus grands que nature. L’impératrice (Gong Li) et l’empereur (Chow Yun Fat) sont de ceux-là.

Celui-ci, paranoïaque et dévoué à une seule cause – son accession et son maintien sur le trône impérial – a découvert l’ambition de sa seconde épouse, l’impératrice, de fomenter un coup d’état lors du festival des chrysanthèmes. Habitué aux intrigues de la cour, il tente de connaître l’étendue de cette conspiration en ramenant tous ses fils au palais et en éloignant les témoins gênants. Il s’est mis dans la tête d’empoisonner l’impératrice sans que celle-ci s’en aperçoive. Mais cette dernière est bien informée.

On assiste, fasciné, aux cérémonies grandioses et à la vie quotidienne du palais impérial, qui s’apparente à une véritable pièce de théâtre. On découvre les avatars de la famille impériale, dont le comportement révèle rapidement son côté dysfonctionnel à la limite de la folie. Mais ces intrigues royales se transposeront sur le plan politique et se traduiront par des milliers de morts.

Le cinéaste s’est, paraît-il, inspiré de faits historiques. Mais il les a magnifiés au point d’en faire une tragédie. La tension entre les personnages est parfois extrême. Leur nature souvent répugnante ou exaltée. Leurs affrontements deviennent épiques.

La malédiction des fleurs dorées est, sans conteste, le film le plus spectaculaire depuis des mois à avoir fait son chemin jusque sur nos écrans. Certainement le plus renversant jusqu’à présent cette année. Seule la petite toune mielleuse du générique m’a déplu. C’est tout dire.

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