(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Séance du conseil de la Ville de Saint-Sauveur durant laquelle plusieurs commerçants de la Vallée de Saint-Sauveur-Piedmont se sont fait entendre.

Conseil municipal de Saint-Sauveur  : Entre annonces et préoccupations 

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Entre annonces rassurantes et prise de parole citoyenne, la séance du 18 mars à Saint-Sauveur a témoigné d’un débat vivant sur les priorités de la ville.

La séance a débuté par un moment rassembleur avec l’hommage rendu à l’athlète locale médaillée aux Jeux du Québec, Mia Dufour. « Toutes nos félicitations pour cette grande victoire », a lancé le conseiller Luc Lebanc à la joueuse de boccia.

D’entrée de jeu, le maire a voulu calmer les inquiétudes, notamment concernant la Chambre de commerce. « On est très confiants d’en venir à une entente », a-t-il affirmé, évoquant une programmation estivale maintenue. « Il va y avoir des activités au cœur du village cet été. »

Des investissements importants

Plusieurs décisions administratives ont été adoptées sans opposition, notamment des contrats majeurs. La réfection de rues dans le cadre du programme FIMEAU a été confiée à Construction T.R.B. pour près de 5,8 millions de dollars.

Le conseil a également adopté une politique d’événements écoresponsables, reconnaissant que « les événements contribuent à la vitalité du territoire, mais engendrent aussi des impacts environnementaux significatifs ».

Du côté de la sécurité incendie, Saint-Sauveur souhaite explorer une mise en commun de certains services avec Sainte-Adèle, notamment en matière d’équipements, de formation et de ressources humaines. « Si c’est bon pour un, ça pourrait être bon pour nous », a résumé le maire, évoquant une approche déjà testée à Mont-Tremblant.

Urbanisme et développement

Plusieurs projets immobiliers ont été prolongés, dont Inspiir, Le Pinacle et St-Soho, tous amorcés en 2023.

Des préoccupations concrètes

Plusieurs citoyennes et citoyens ont soulevé des enjeux très locaux, allant du bruit de ventilation de l’école de la Montagne à l’accès aux sentiers, en passant par la taxation liée à des infrastructures. « On ne veut pas se tromper, on veut bien faire les choses », a répondu le maire à propos du dossier des sentiers, reconnaissant un « manque d’organisation » dans les dernières années.

Culture au cœur des critiques

Interpellé sur la place de la culture dans le village, le maire Luc Martel a défendu une vision du développement local davantage ancrée dans le plein air et le sport, tout en réaffirmant l’importance d’une offre culturelle. Il a évoqué certains ajustements à la programmation d’événements, notamment l’abandon envisagé d’activités jugées moins représentatives du territoire, comme le sable déposé aux abords de la rue Principale pour le Festival de rythmes latins. « Ça ne s’aligne pas vraiment avec un village laurentien », a-t-il expliqué. Le maire a toutefois assuré qu’une entente était en voie d’être conclue afin de maintenir des spectacles et une animation au cœur du village. Revenant sur des propos rapportés dans le journal Accès, il a précisé que Saint-Sauveur demeure une destination culturelle, tout en soulignant que « les gens sont ici en très grande partie pour le plein air et le sport ».

Une ancienne élue s’exprime

Rosa Borreggine a livré une intervention étoffée, articulée autour d’enjeux éthiques et culturels. Rappelant son engagement de longue date, elle a d’abord évoqué le code d’éthique des élu·es, insistant sur « l’intégrité » et « l’indépendance d’esprit », tout en soulignant l’importance d’un « jugement objectif sans intérêt personnel ». Elle a aussi mis en garde contre les risques de conflits d’intérêts, invitant le conseil à « prendre les meilleures décisions pour la ville ».

S’appuyant sur la politique culturelle municipale, elle a rappelé que la Ville « s’engage à être un partenaire actif du développement culturel » et à offrir « un environnement dynamique et stimulant ». Citant un proverbe africain, « pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient », elle a plaidé pour une prise en compte du passé dans les décisions actuelles.

Au cœur de son intervention, elle a dénoncé les compressions en culture, qu’elle qualifie d’« erreur stratégique ». « La culture n’est pas une dépense de luxe, c’est un investissement », a-t-elle affirmé, évoquant des retombées économiques concrètes. Selon elle l’audit budgétaire, dont l’appel d’offre a été lancée, aurait dû être fait avant de procéder à des coupes dans la culture. Elle a également mis en garde contre les impacts sur l’identité locale : « Saint-Sauveur est une identité qui s’est forgée par la culture », ajoutant qu’« une ville sans culture est une ville qui perd son cœur ».

Elle a enfin appelé le conseil à « reconsidérer » ses décisions et à élargir la réflexion au-delà de la Chambre de commerce, soulignant que la culture, le tourisme et le développement économique forment « des moteurs complémentaires ».

Le maire a réitéré la position du conseil, axée sur la taxation de la population. « Il faut respecter la capacité de payer des citoyens », tout en assurant vouloir maintenir « une vitalité dans le village ».

Entre prudence budgétaire et pression citoyenne, le conseil navigue dans un équilibre fragile. La question de la culture, en particulier, risque de revenir aux prochaines séances.

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