Henri Prévost, président d’HAL; Yolande Cohen, représentante de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada; Suzanne Marcotte, vice-présidente d’HAL; et Marc Bourcier, maire de Saint-Jérôme. (Crédit photo: Simon Cordeau)
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Le Canada honore le curé Antoine Labelle

Par Simon Cordeau

Pour commémorer l’apport du curé Antoine Labelle à l’histoire du pays, une plaque a été installée au parc qui porte son nom, devant la cathédrale de Saint-Jérôme. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada en a fait le dévoilement lors d’une cérémonie tenue à la vieille gare de Saint-Jérôme, vendredi dernier.

Les dignitaires présents n’ont pas tari d’éloges envers le bon curé, dont Marc Bourcier, maire de Saint-Jérôme. « Cet homme à l’imposante stature a apposé une contribution inestimable au développement de notre région. […] [Il était] un homme de plusieurs natures : un curé bien sûr, mais aussi un colonisateur, un politicien, un homme d’idées, dévoué, indomptable et généreux », a déclaré le maire.

Le curé Labelle a joué un « rôle important non seulement ici dans les Laurentides, mais également à l’échelle du Québec, et même du Canada », a souligné Henri Prévost, président d’Histoire et Archives Laurentides (HAL). « Oui, c’est un personnage incontournable de la colonisation de notre région. Mais on connaît moins sa vision d’établir des Canadiens français sur un vaste territoire, qui s’étendait sur les terres plus à l’ouest, même jusqu’à Winnipeg. Bien peu de gens savent ça », a-t-il ajouté. L’ambition du curé était de freiner l’exode des Canadiens français vers les États-Unis.

Grâce aux démarches de HAL, le curé Labelle a été reconnu comme personnage historique par la Ville de Saint-Jérôme en 2014, par le gouvernement québécois en 2016, et par le gouvernement fédéral en 2019. Cependant, la pandémie avait retardé la cérémonie jusqu’à maintenant.

« Histoire et Archives Laurentides fait un travail extraordinaire, qui permet de mettre en valeur notre histoire, notre patrimoine et les personnages légendaires qui les ont forgés », a félicité le maire Bourcier.

La mosaïque de notre histoire

En s’appuyant sur les recommandations de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, le gouvernement canadien a désigné plus de 900 lieux, 600 personnages et 350 évènements d’impor-tance historique nationale, a expliqué Yolande Cohen, représentante de la Com-mission. Plus de 80 % des mises en can-didature viennent du public canadien.

Un personnage légendaire

« C’est un honneur et une très grande fierté aujourd’hui pour moi de vous présenter ce grand Canadien, qui a marqué son époque et notre histoire. Ce qu’il a réalisé en un quart de siècle est vraiment remarquable », a déclaré Suzanne Marcotte, vice-pré-sidente de HAL.

Mme Marcotte, qui a piloté le dossier de candidature, a souligné les moments marquants de la vie du curé Antoine Labelle et ses réalisations. Né en 1833, il devient curé de Saint-Jérôme en 1868. « Au cours de sa vie, le curé Labelle a contribué à la fondation de 29 cantons, formant 31 paroisses, et à l’établissement de près de 5 000 colons. »

En 20 ans, il effectue une cinquantaine d’expéditions pour son projet de colonisation du Nord. « Il participe lui-même aux explorations pour découvrir les
terres vierges au-delà de Sainte-Agathe. Les expéditions duraient parfois quatre semaines. Essayez d’imaginer un instant ce colosse de 6 pieds et 333 livres qui remonte les rivières en canot, fait du portage et escalade les montagnes. Ajoutez à cela un curé qui tire au poignet, fume la pipe et sait rigoler. Vraiment, il a de quoi susciter l’admiration de ses colons »
, a illustré Mme Marcotte.

Dès 1868, Labelle commence à parler d’un train, qui sera inauguré à Saint-Jérôme en 1876. « Le curé Labelle était un visionnaire. Pour lui, le train est le fer de lance de la colonisation. […] Avec l’arrivée du train, Saint-Jérôme devient la plaque tournante des Laurentides. »

Lorsque le curé Labelle décède subitement en 1891, on estime qu’environ 10 000 personnes défilent lors de ses funérailles. Depuis, la mémoire du « roi du Nord » continue de marquer l’imaginaire des Québécois, dans la fiction et dans la toponymie du Québec.

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