Comté de Bertrand : Là où la pauvreté côtoie la richesse

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Comté de Bertrand : Là où la pauvreté côtoie la richesse

Françoise Le Guen – Dans le comté de Bertrand, derrière une façade de richesse apparente, de belles maisons et de paysages bucoliques se cache une autre réalité, celle de la pauvreté.

Une situation dont a parlé le magazine l’Actualité en septembre dernier. Les causes de cette pauvreté sont multiples : les emplois saisonniers – secteur touristique –, le coût exorbitant des loyers ou le manque de garderies.
Selon Françoise Garand, la directrice de Bouffe-Dépannage à Sainte-Agathe-des-Monts, la situation ne s’améliore pas. Plus encore, elle continue d’empirer. « Jeudi dernier, on a accueilli un jeune couple avec trois enfants. Les parents nous ont confié qu’ils étaient très endettés. Les membres d’une autre famille à qui on a fait un dépannage d’urgence avaient très peu mangé depuis trois jours. » Dans l’un des cas, le mari avait pourtant du travail. « La femme avait trouvé un emploi, mais ne possédait pas de véhicule, car son mari l’utilisait. Et elle n’avait pas trouvé de place de garderie. »
Pour Mme Garand le fait que les garderies débordent est une nouvelle donnée dont il faut tenir compte. « Les jeunes familles ont des difficultés à trouver de la place pour leurs enfants. Ça ne facilite pas le travail des femmes. »
Il y a de plus en plus de monde les jours de distribution de denrées au sol-sol du presbytère. « Le 15 novembre, on a ouvert six nouveaux dossiers. Lors d’une journée de distribution, 115 personnes environ se présentent, on peut monter jusqu’à 140 familles. »

Manque d’emplois

Selon elle, il y a plusieurs causes relatives à cette pauvreté, notamment le fait que Sainte-Agathe soit une ville de services, avec un hôpital, ce qui amène de nombreuses personnes en situation de vulnérabilité. « C’est aussi une région qui compte beaucoup d’emplois saisonniers, et où il y a aussi une pénurie d’emplois. Il y a beaucoup de restaurants, mais pas d’usines, il n’y a rien. On voit beaucoup d’espaces de magasins à louer. »
Cette dernière fait remarquer que chez leurs usagers, le facteur de la scolarité entre en ligne de compte. « La grande majorité n’a pas fini son secondaire 5. Ceci dit, on reçoit aussi des universitaires, des anciens professeurs, des pharmaciens, des directeurs des ressources humaines ou des chefs d’entreprises qui ont perdu leur emploi. Sans compter tous ceux qui ont vécu des problèmes familiaux comme un divorce. Personne n’est à abri de la pauvreté. »
Selon elle, il n’y a pas beaucoup d’entraide dans la communauté. « C’est sûr qu’on demande au gouvernement d’en faire plus quand on voit le montant du chèque d’aide sociale et le coût exhorbitant des loyers. La majeure partie du revenu est dépensé pour se loger. »

Du côté de Bouffe laurentienne

Même son de cloche du côté de Bouffe laurentienne. « Les personnes que nous aidons ne sont pas pauvres, mais très pauvres », nous dit d’entrée de jeu Dominique Cadieux, le coordonnateur de cet organisme qui soutient les sept comptoirs et six cuisines collectives de la MRC des Laurentides. Il assure aussi le transport des denrées alimentaires en provenance de Moisson Laurentides.
« On est dans une région où il y a beaucoup de gens qui bénéficie de l’aide sociale – le revenu principal de 62 % des ménages – et beaucoup ont des emplois saisonniers. Ils se retrouvent durant le reste de l’année pratiquement sans revenus. L’allocation chômage n’est pas suffisante pour vivre, surtout avec des enfants. » L’organisme reçoit chaque semaine 125 à 140 ménages. « Dans toute la MRC, on parle de 1 200 personnes, dont 300 enfants, et ça augmente sans cesse. »

Quelques chiffres
  • Les personnes âgées de 65 ans ou plus constituent près du quart de la population de la MRC des Laurentides.
  • Une part importante de la population vit sous la mesure de faible revenu.
  • Les proportions de personnes vivant seules et de familles monoparentales sont les plus élevées de la région.
  • Comparée à l’ensemble des MRC de la région, la MRC des Laurentides a une proportion relativement élevée de personnes vivant sous la mesure de faible revenu (17,5%).
  • Le taux de chômage de la MRC des Laurentides (9,9%) est plus élevé que celui pour l’ensemble de la région des Laurentides.
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