Une corvée aux multiples visages

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Par Sandra Mathieu
Une corvée aux multiples visages

Centre Bonséjour à Sainte-Adèle

Une quinzaine de résidents du Centre Bonséjour accompagnés d’intervenants sociaux n’ont pas hésité à enfiler des gants de travail et à s’armer de râteaux la semaine dernière pour embellir leur environnement de part et d’autre du parc linéaire dans le secteur du Mont-Rolland, lors de cette première corvée de nettoyage.

Installé depuis un an à Sainte-Adèle dans les anciens locaux de Loisirs Laurentides et de l’Auberge du P’tit Train du Nord, le Centre Bonséjour accueille et héberge des personnes d’ici et d’ailleurs vivant une dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux médicaments et leur offre une aide thérapeutique.

«Nous avons eu cette idée de corvée pour permettre aux résidents de se rendre utiles, de faire connaître le centre aux citoyens et de démontrer par des actions concrètes qui nous sommes», souligne Hugues Bonneau, coordonnateur des services cliniques depuis trois ans et ancien résident du Centre il y a 16 ans.

Une thérapie en cinq étapes

Les résidents entrent au Centre de leur plein gré ou sont dirigés vers lui par les milieux carcéraux (environ 10%). Chacun y séjourne six mois et passe à travers les cinq étapes de guérison, soit : la prise de conscience, la connaissance de soi, la recherche d’un sens à sa vie, l’introspection et la préparation à la sortie.

Une corvée bénéfique pour tous

«En quelques heures, nous avons réussi à remplir cinq ou six sacs poubelles et à ramasser beaucoup de mégots de cigarette et de gros rebuts comme un pneu et même une balayeuse», raconte Patrick B., qui en est aujourd’hui à l’étape 3. Les gens qu’on croisait semblaient contents de notre corvée.»

Ici, l’anonymat a préséance, jamais le nom de famille n’est dévoilé, et tous sont régis par les 12 principes des alcooliques anonymes. La majorité de la clientèle a de 20 à 40 ans et 90% vit de l’aide sociale. Un programme rend possible le financement de leur thérapie. Plusieurs partenariats permettent à l’organisme de compter sur des ressources extérieures, que ce soit pour de l’aide psychologique, psychiatrique, médicale ou autres besoins spécifiques.

Donner au suivant

Pour le moment, le centre compte une cinquantaine de résidents sur une possibilité de 58, six intervenants et près d’une dizaine de bénévoles, tous d’anciens résidents qui veulent donner au suivant et rester au cœur de cette grande famille qui leur a offert non seulement des outils pour s’en sortir, mais surtout un milieu de vie.

Tous les intervenants sociaux cumulent des études dans un domaine connexe aux relations d’aide, à la délinquance ou à la toxicomanie (DEC ou diplôme universitaire) et reçoivent régulièrement des formations sur le sevrage ou la prévention du suicide.

«On recrée à l’intérieur du Centre une microsociété et tous doivent respecter des règles et un horaire précis selon les étapes traversées, explique M. Bonneau. Nous offrons des ateliers deux fois par jour sur différents sujets et ils ont également plusieurs tâches à accomplir durant la journée. Une des activités du mercredi a pour thème l’environnement; nous aurons donc d’autres projets de corvée à venir!»

La petite histoire

Fondés en 2000 par un ancien agent de liaison, Joe Corso, Les Centres Bonséjour accueillent, à leurs débuts, des personnes âgées semi-autonomes et d’autres individus atteints de problèmes de toxicomanie. Ces deux groupes d’individus cohabitent et, au fil du temps, naît un esprit de famille dans la résidence. Quelques mois plus tard, M.Corso et son équipe prennent la décision difficile de se consacrer exclusivement au problème de la toxicomanie. Ils relogent ainsi les aînés dans des centres spécialisés.

À compter de 2001, Les Centres Bonséjour ouvrent leurs portes uniquement aux personnes souffrant de toxicomanie. Les Centres Bonséjour inaugurent, en septembre 2011, un nouvel établissement situé à Saint-Jérôme, voué au traitement à l’interne des dépendances à l’alcool, aux drogues et aux médicaments. C’est en 2017 qu’ils s’installent à Sainte-Adèle pour vivre en harmonie avec la nature.

Information: http://centrebonsejour.com/

Hugues Bonneau est coordonnateur des services cliniques depuis trois ans et est un ancien résident du Centre. PHOTO: Sandra Mathieu
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