COUP DE GUEULE DE LA RÉDACTION

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Par Thomas Gallenne
COUP DE GUEULE DE LA RÉDACTION

Pas de nouvelle, bonne nouvelle

J’appelle ce matin la clinique d’urgence afin de connaître les résultats des tests d’urine de ma fille de quatre ans. Je n’ai pas de nouvelles, ça fait plus d’un mois que le prélèvement a été fait. A-t-elle une infection urinaire?

 

Il est 10h24. Drelin, drelin! Système automatisé. Choix de menu: 

«Vous êtes mal en point? Vous êtes à la bonne place, faites le 1. Vous souhaitez obtenir un rendez-vous pour la clinique d’urgence? Il n’y a plus de place, raccrochez et rappelez le prochain jour ouvrable. Vous souhaitez parler à l’une de nos réceptionnistes? La première est allée à la selle, la seconde raconte sa vie à la troisième, et la quatrième est en congé de maternité, de retour en 2016. Si vous souhaitez toujours parler à une réceptionniste, veuillez patienter le temps que la seconde ou la troisième ait fini de discuter. Pour ce faire, faites le 6.»

De mauvaise foi, moi?!? Noooooooonnnnnnnnn…

J’appuie sur le 6. «La réceptionniste sera à vous dans un instant». À moi… !?! 

10h30. Toujours cette petite musique de pseudo-Noël – de merde, j’insiste – entrecoupée d’un message qui me rappelle que la réceptionniste sera à moi dans un instant. J’ai hâte.

10h36: Une voix déprimée me lance un «Allôooo» peu encourageant. 

– «Pour commencer ça fait douze-longues-minutes-que-j’attends», lançai-je après avoir jeté un œil sur le minuteur du téléphone. Une chance que j’ai un plan interurbain.

(…)

– «Nous avons des problèmes avec notre système téléphonique», me répond la dame. 

– «Aaaaaahhhhh!, lui dis-je. Et ça vous arrive souvent?» 

– «Oui», me répond-elle.

(…)

– «J’appelle pour avoir les résultats des tests d’urine de ma fille». 

Et là, je lui explique toute l’histoire. On est en janvier. J’ai consulté mon médecin de famille qui ne trouve rien d’anormal chez l’enfant, mais me remet un bocal de prise d’urine, si ma fille souffre à nouveau d’énurésie diurne. Ce qui arrive. Je dépose l’échantillon d’urine de ma fille au CLSC, près de chez moi, pour ne pas avoir à me taper 80 kilomètres aller-retour jusqu’au laboratoire de l’hôpital de «biiiip!». La prescription du médecin avec ses coordonnées sont dans le sachet de prélèvement, pour lui communiquer les résultats par fax. Tout est beau, merci. Une semaine, deux semaines passent. Pas de nouvelles du médecin. J’appelle la clinique. Les lignes sont saturées, je dois rappeler plus tard. J’appelle le laboratoire de l’hôpital, pensant que les tests avaient été faits là. La fille du labo: «Le résultat du test? Quel test?» Je bous. Contrôle. Je lui explique toute l’histoire du CLSC. «Pouvez-vous vérifier dans vos dossiers?», lui dis-je ensuite.

(…)

«Ah oui, le test a été fait à l’autre hôpital. Je vais récupérer le dossier informatique et le transférer à la Clinique, pour que votre médecin en prenne connaissance.»

Ouin, une chance que j’ai appelé pour faire le lien entre les deux hôpitaux. 

– «Une fois votre analyse reçue, votre médecin prendra contact avec vous».

C’était fin janvier. Depuis, silence radio. D’où mon appel de ce matin. 

Fermer la parenthèse.

Et reprise de ma discussion avec la réceptionniste de «La Clinique».

-Elle: «Normalement, si vous n’avez-pas de nouvelles c’est que tout est beau!»

-Moi: «Et comment je peux savoir si le dossier s’est bien rendu, (et qu’il ne s’est pas plutôt perdu dans les méandres administrativo-connectiques de ce réseau de la santé qui ferait pâlir d’envie le premier malade d’un pays tiers-mondiste) ?

-Elle: «On vous aurait appelé.»

(…)

Moi: «Donc pas de nouvelles, bonnes nouvelles?»

-Elle: «Oui.»

(…)

-Moi: «Ah bon. Mais si le dossier ne se rend jamais au médecin, comment je peux savoir moi, si ce dernier en a pris connaissance ou non, si vous ne faites pas de suivi? Mon enfant pourrait être malade et personne n’est au courant?»

(…)

-Moi: «Vous comprenez pourquoi j’appelle au moins?» 

-Elle: «C’est votre droit.»

-Moi: ???

 

C’est-tu moi ou on fait dur au Québec question santé? Et on ne parle pas d’un système informatique qui coûte des millions de dollars pour faire le suivi. Un simple retour téléphonique, simplement pour dire que les résultats sont négatifs: est-ce trop demander que d’exiger un minimum de savoir-vivre? Si j’ai choqué du monde, surtout du personnel de la santé qui se dévoue corps et âmes, je m’en excuse. Pour les autres? Patientez ou rappelez plus tard!

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