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(Photo : Archives )
Le docteur Jean Robert, médecin de rue à Saint-Jérôme.
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Les gens de la rue laissés pour compte

Par Production Accès

Pandémie et inégalités sociales

Les répercussions de la pandémie augmentent les inégalités sociales, comme le constate le Dr Jean Robert qui, à plus de 80 ans, continue son travail de terrain par l’entremise du Centre Sida Amitié de Saint-Jérôme.

 

Le médecin communautaire déplore le fait que les gens de la rue ne sont pas toujours considérés dans les prises de décisions. « Cela soulève des questions concernant le droit à l’accès aux traitements, constate Dr Robert. Ils ne sont pas toujours bien accueillis dans les structures. Ils sont exclus de l’accès au dépistage, même lorsqu’ils présentent des symptômes, ce qui entraîne des foyers d’infection ailleurs. On le voit actuellement dans les prisons. »

Le virus ne fait pas de distinctions, mais la prise en charge des individus est très inégale, déplore le médecin de rue. « Ça laisse les gens biologiquement en vie, mais socialement, ça les assassine, dit-il. Ce que les gens de la rue ressentent, c’est qu’on ne veut pas gaspiller des tests de dépistage pour eux. Ils se sentent encore plus marginalisés, blessés. C’est très révélateur des méchancetés et des classes sociales! »

Augmentation des intoxications

Outre l’accès difficile au dépistage de la Covid-19, les toxicomanes n’ont plus accès, depuis des semaines, aux centres de traitement des dépendances qui ont cessé les nouvelles admissions en raison de la pandémie. « Les centres de thérapie ne pouvaient pas admettre de nouvelles personnes, explique le Dr Robert. Nous avons eu deux morts dans les Laurentides, dont un qui a fait une surdose mortelle. »

Dans la rue, les toxicomanes sont laissés à eux-mêmes. « Ils sont isolés et consomment avec les moyens du bord, déplore le médecin communautaire. Ils reprennent les mêmes seringues, ce qui augmente les risques de transmission du VIH. »

Les travailleurs sociaux sont également préoccupés par les drogues en circulation dans le contexte de la pandémie. « Les entrées massives en provenance de la Chine ont été bloquées, explique Dr Robert. On voit beaucoup plus de mélanges de stimulants de toutes sortes qui entrainent des mauvaises expériences et des intoxications. Ça fait partie des dommages collatéraux du virus! »

Le Dr Jean Robert s’indigne depuis des années d’un système de santé devenu déshumanisé. « Les travailleurs communautaires ne sont à peu près pas consultés, constate-t-il. Nous sommes dans une hyper structure épouvantable. C’est tellement hiérarchisé qu’avant que les mesures annoncées arrivent sur le terrain, il y a beaucoup de désastres. On est pris dans un système qui manque de rigueur. Parce que la rigueur, c’est de la rigidité et de l’amour! »

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