Crise du logement : Qu’arrivera-t-il le 1er juillet ?

Par Marie-Catherine Goudreau
Crise du logement : Qu’arrivera-t-il le 1er juillet ?
(Photo : Nordy)

Le regroupement des partenaires de la MRC des Pays-d’en-Haut a récemment lancé un cri du cœur à l’attention des propriétaires privés qui ont des logements disponibles pour le 1er juillet.

« Le problème au niveau du logement est criant au Québec et particulièrement dans les Pays d’en Haut, alors que la MRC est parmi les pires de la province », explique André Genest, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut. La MRC a donc répondu à cette situation avec la publication sur les réseaux sociaux d’un avis aux propriétaires, sous la forme d’un cri du cœur. De plus, certains programmes de soutien au logement sont déjà en cours et un soutien financier a été envoyé par la MRC aux municipalités pour les aider.

Identifier les besoins

En réponse à cet enjeu qui touche toutes les Laurentides, le Conseil régional de développement social a créé un sondage afin d’identifier les personnes qui pourraient se retrouver sans logement le 1er juillet. Des intervenants des organismes communautaires de la MRC de La Rivière-du-Nord, notamment, se sont regroupés pour former un comité afin d’aider ces gens dans le besoin.

Le sondage permettra de compiler toutes les familles et personnes seules qui ont des problèmes à se trouver un logement pour le 1er juillet. « On va avoir une équipe qui va les diriger au bon endroit. On essaie aussi de répertorier les logements qui sont disponibles à Saint-Jérôme, c’est là qu’il y a le plus grand besoin », nous a expliqué Monique Côté, responsable en droits du logement et de l’aide sociale au Carrefour d’actions populaires (CAP) de Saint-Jérôme.

Solutions à court terme

« Trouver des logements disponibles à loyer abordable en ce moment, c’est difficile », affirme-t-elle. « On cogne à la porte de l’Office municipale d’habitation (OMH) à Saint-Jérôme pour savoir s’il peut réserver temporairement des unités de logements pour ceux qui n’auront pas de logement le 1er juillet. » Mais ces solutions sont temporaires.

Daniel Denis est directeur général de l’OMH à Saint-Jérôme. Selon lui, la situation n’est pas encore hors de contrôle, mais il reçoit plus de demandes cette année. « On ne sent pas que les gens sont en panique, mais on se prépare et on essaie de prévoir cette vague pour être prêts pour les demandes. Avec la Ville et les organismes communautaires, on essaie d’unifier nos forces pour être capable de répondre si jamais il faudrait faire face à des situations d’urgence. »

À l’OMH, on offre des logements avec des loyers qui représentent 25% du revenu de la personne, en plus des services d’électricité. Ce sont surtout des familles avec des mères et des pères monoparentales et des personnes seules qui font appel aux services de l’OMH. La liste d’attente s’étend actuellement jusqu’à 300 personnes et a augmenté de 10 à 15% cette année selon M. Denis. « Notre liste d’attente est plus longue qu’à l’habitude, mais elle varie selon les besoins. Le plus long, c’est pour les personnes seules et âgées de plus de 50 ans. Ils représentent au moins 50% de la liste. »

À court terme, qu’est-ce que peut offrir l’OMH pour les personnes qui se retrouvent sans logement ? Il y a certains critères à respecter : avoir des revenus inférieurs à un certain montant, avoir reçu un avis d’éviction, avoir tout fait pour trouver une solution, etc. « À ce moment-là, l’OMH avec la Ville pourrait trouver une façon d’aider, par exemple en signant une entente avec le propriétaire. On appelle ça le supplément au loyer. » Le programme Supplément au loyer du gouvernement québécois permet, entre autres, à des ménages à faible revenu d’habiter dans des logements qui font partie du marché locatif privé en payant un loyer plus modique.

Agir trop tard

Les investissements annoncés par le gouvernement Legault ne sont pas suffisants selon Mme Côté. Du moins, ils ne règleront pas le problème à court terme. « Ce qu’on nous a dit, c’est qu’on devrait ajouter des ressources et des programmes de soutien au logement, mais le temps que ça se fasse, ça ne sera pas prêt pour le 1er juillet », explique-t-elle. Alors que la « crise du logement » n’a pas été reconnue par les instances gouvernementales à ce jour, Mme Côté croit qu’il aurait fallu intervenir et prévenir le problème avant.

Le regroupement des partenaires de la MRC des Pays-d’en-Haut invite les gens qui auraient des logements à louer à leur envoyer un courriel regroupementpdh@gmail.com ou à téléphoner 450 229-6637, poste 0.

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