Basia Bulat : la curiosité comme fil conducteur
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
L’artiste folk canado-polonaise Basia Bulat sera de passage au Théâtre du Marais de Val-Morin le 20 février. L’auteure-compositrice-interprète y présentera un spectacle inspiré de son plus récent album, un projet personnel qui explore la famille, la mémoire et le passage du temps.
La musique a toujours fait partie de la vie de Basia Bulat. « Depuis que je suis jeune, je veux devenir artiste, musicienne », raconte-t-elle, parlant aussi de son enfance bercée par l’enseignement musical de sa mère, formée en Pologne. Piano, flûte, guitare : l’apprentissage commence tôt et s’inscrit dans un lien intime avec sa famille. « C’était vraiment une histoire qui fait un lien entre moi, ma mère et ma famille », dit-elle, un thème qu’elle explore aujourd’hui avec encore plus d’acuité depuis qu’elle est devenue mère elle-même.
Sa curiosité, la clé
Basia Bulat se définit avant tout par la curiosité. « J’ai toujours été inspirée par ce que je ne comprends pas », explique-t-elle de façon enjouée, décrivant un rapport à la musique basé sur l’apprentissage constant et le refus de rester figée dans une seule forme.
La musique folk constitue sa base, mais elle y ajoute des influences multiples. La musique classique, héritée de sa mère, et la pop polonaise des années 1990, que son père écoutait à la maison. « Il y avait toujours une bataille sur la radio », se souvient-elle avec humour.
Son dernier album, paru en 2025, occupe une place toute particulière dans sa carrière. Elle le décrit comme « un petit document du moment que je suis devenue mère ». Enregistré en grande partie à la maison, dans un contexte où le silence était parfois nécessaire pour laisser dormir ses enfants, le projet s’est construit autrement.
« J’ai fait beaucoup dans les écouteurs pour ne pas faire du bruit », raconte-t-elle. Cette contrainte a ouvert la porte à de nouvelles explorations sonores, notamment à l’aide de claviers anciens et d’influences issues de son enfance dans les années 1990.
Des racines importantes
Les racines culturelles de Basia Bulat nourrissent également son travail. Née à Toronto de parents polonais, elle entretient depuis longtemps un lien fort avec Montréal. Adolescente, elle est attirée par la scène musicale de la ville, sans toujours pouvoir l’expliquer. Elle y étudie, s’y fait des amis musiciens et y enregistre plusieurs de ses albums. « C’est la ville de Montréal qui m’a donné presque toutes les chansons », affirme-t-elle, soulignant l’importance du contexte culturel québécois dans son développement artistique.
C’est d’ailleurs au Québec qu’elle dit percevoir une relation particulière à la culture. Elle parle d’un « jardin qui fleurit toujours », nourri par la cohabitation des langues et des héritages. Elle souligne aussi la place accordée aux lieux de diffusion artistique, qu’elle voit comme des espaces essentiels de rassemblement et de création.
De passage dans les Laurentides
Lors de son passage à Val-Morin, Basia Bulat promet un spectacle fidèle à l’esprit de son dernier album. Sur scène, son groupe et elle feront cohabiter instruments anciens et sons contemporains. Pour l’artiste, le concert est avant tout un moment de rencontre. « Il y a une petite communauté à chaque spectacle qui se forme », dit-elle, parlant de la chaleur et du sentiment de famille qui se créent soir après soir avec le public.
À l’approche de ce concert dans les Laurentides, une première pour elle à Val-Morin, Basia Bulat se dit contente par la possibilité de partager ce moment en plein hiver, dans un lieu qu’elle imagine déjà comme un espace de proximité et d’écoute. Elle y voit aussi une occasion de profiter de l’hiver des Laurentides avec ses enfants !