Folichonneries : Une comédie qui raconte l’amour sans complexes
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Présenté au cinéma, Folichonneries se distingue par sa manière d’aborder le couple sans recettes ni slogans. Réalisé par Éric K. Boulianne, qui en signe aussi le scénario et le rôle principal, le film suit François et Julie, ensembles depuis 16 ans, parents de deux enfants, confrontés à une panne de désir plus qu’à une panne d’amour.
« C’était important pour nous de montrer un couple qui s’aime encore. Le problème n’est jamais l’amour, c’est le désir », a expliqué le cinéaste après la projection.
Une musique qui respire avec les scènes
La musique originale est signée Peter Venne, présent lors de la discussion. Il décrit une trame sonore inspirée « des cabarets des années 20, un peu grivois, un peu instables », à laquelle s’ajoute une énergie plus rock, « quelque part entre Pink Floyd et Rush ».
La pellicule comme position artistique
Tourné en 16 mm, le film assume une texture granuleuse, parfois rugueuse. « Je voulais quelque chose de cru, d’organique. La chaleur d’un format non numérique », dit Boulianne. Ce choix esthétique devient un manifeste. « Si on tourne en 4K, il faut maquiller, lisser. Là, la pellicule permet une image belle, mais pas fonctionnelle. Elle laisse voir les failles. » Le résultat est volontairement bricolé. « C’est tout croche, mais pour ce film-là, ça marche à 100 % », résume-t-il. Une image imparfaite pour accompagner des corps qui le sont tout autant.
Une question de génération

Le personnage incarné par Étienne Galloy agit comme déclencheur du récit. « J’avais envie que l’ouverture vienne de plus jeunes personnages, parce que leur rapport au couple est souvent plus fluide », explique le réalisateur. Il assume aussi la différence d’âge entre les personnages: « C’est la vie. On a des amis plus jeunes. »
Les enfants et l’intelligence émotionnelle
Les enfants occupent une place importante. « Nos enfants sont beaucoup plus intelligents émotionnellement qu’on pense », affirme Boulianne. Certaines scènes ont été partiellement improvisées. « Des fois, je leur disais juste ce qui allait se passer, puis je leur demandais de dire n’importe quoi. Et ça marchait. » Le film ne donne pas de mode d’emploi parental, mais pose une question délicate: jusqu’où dire la vérité aux enfants?
Croire au couple, provoquer des discussions
La relation entre Éric K. Boulianne et Catherine Chabot est le cœur du film. « Si on ne croit pas au couple, le film ne fonctionne pas », tranche le cinéaste. Depuis les projections, les discussions se multiplient. « Les gens viennent me raconter leur vie.

Je deviens presque thérapeute », dit-il en riant, avant d’ajouter plus sérieusement: « Si ces questionnements créent trop de conflits, mieux vaut en parler avec un professionnel. »
Folichonneries est à l’affiche au Cinéma. Un film imparfait, mais profondément vivant, qui ne se termine pas toujours avec le générique.