Josyane Bissonnette : quand la fiction devient baume au cœur
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
À ses 37 ans, Josyane Bissonnette s’est réveillée en pleurant. « La vie passe et je n’ai jamais réalisé ce rêve-là », s’est-elle dit. Celui d’écrire un roman. Deux mois plus tard, le manuscrit était terminé. Un an après, lorsqu’elle a osé l’envoyer à des maisons d’édition, il trouvait preneur.
Depuis, l’auteure de Sainte-Adèle trace son chemin dans le paysage littéraire québécois. Le 4 mars, elle propose son sixième roman, Le petit atelier des âmes brisées, une œuvre lumineuse qui explore la vulnérabilité humaine à travers trois générations de femmes.
Écrire pour « faire du bien »
Avant de publier, Josyane Bissonnette a longtemps œuvré en intervention scolaire, en psychopathologie, puis en coaching et en formation. « Je travaille avec l’humain depuis 25 ans », rappelle-t-elle. Cet ancrage teinte profondément son écriture.
Ses romans ont pour but de donner espoir, de faire sentir bien, sans pour autant éviter les zones d’ombre. « J’aime écrire des histoires qui font du bien. On a tellement besoin d’amour et d’espoir. » Pour elle, raconter l’humain, c’est accueillir la vérité, même inconfortable, des émotions, puis y insuffler douceur et beauté.

Avec Le petit atelier des âmes brisées, c’est exactement ce qu’on y voit. « Il y a une évolution dans mon écriture, une façon de m’assumer davantage », confie-t-elle. Le roman met en scène Matisse, au début de la vingtaine, Ophélie, en pleine remise en question à 45 ans, et Rose, 77 ans, récemment endeuillée. Trois voix, trois âges de la vie, réunis par un hasard qui les amène à partager un même lieu et un même moment de bascule.
Le défi de la narration à trois voix s’est révélé stimulant. « Il faut que chacun ait sa voix, tout en gardant la cohérence de l’histoire », explique-t-elle. Elle décrit un processus d’écriture « habité », traversé de doutes, d’inconforts et de remises en question, avant que le fil narratif ne s’impose.
Un lieu pour réparer
L’idée de l’atelier est née d’une proposition éditoriale inspirée d’une tendance coréenne valorisant les récits lents et les lieux rassembleurs. L’auteure a imaginé une maison centenaire dans le secteur de Saint-Jovite, à Mont-Tremblant, un décor qui évoque pour elle le ralentissement et la connexion.
Dans ce roman, on répare autant les objets que les cœurs. L’atelier d’ébénisterie, lié au passé de Rose et au rêve de Matisse, devient une métaphore. Transformer le vieux bois, c’est aussi apprendre à composer avec ses blessures. « L’humain peut traverser des périodes difficiles, mais il peut aussi se relever avec beauté », affirme-t-elle.
Les thèmes du deuil, de la perte et des remises en question sont abordés dans le roman. L’histoire, qui débute à la fin de l’été pour se conclure au printemps, représente un cycle de renaissance. La couverture, une maison baignée de lumière, des fleurs et une chaise berçante, reflète cette atmosphère printanière.
Un univers en expansion
Bien que Le petit atelier des âmes brisées soit un tome unique, deux prochains livres se dérouleront dans le même univers. Les personnages y réapparaîtront en arrière-plan.
Au-delà de la fiction, Josyane Bissonnette souhaite contribuer au rayonnement culturel des Laurentides. En mars, dans le cadre du Mois de la littérature orchestré par l’Association des auteurs des Laurentides, elle participera à plusieurs activités : une séance de dédicaces à la Librairie Carpe Diem de Mont-Tremblant le 7 mars, le Salon du livre des Laurentides à Sainte-Thérèse le 14 mars, ainsi qu’une conférence-atelier à la bibliothèque de Val-David le 15 mars.
Son souhait pour son roman est « que les lecteurs gardent espoir en la beauté de l’humanité. » À travers ses personnages, elle rappelle que malgré les fractures, il existe toujours un espace pour réparer et pour aimer !