L’autrice Marie-Sylvie Dionne : donner un sens à la fiction
Par France Poirier
Conseillère d’orientation organisationnelle durant une trentaine d’années, Marie-Sylvie Dionne a eu à intervenir et faire face à des licenciements collectifs à travers le Québec. Cette expérience a nourri l’autrice.
« Avec notre équipe, on intervenait pour faire face au choc de ces gens-là, ensuite on les accompagnait pour qu’ils se réorientent dans les nouveaux milieux. J’ai écrit à ce moment-là beaucoup de choses et, maintenant, mes romans sont nourris de toute cette expérience.
Ce qui l’intéresse, c’est comment les gens vivent les situations, les défis de la vie parce qu’on en vit tous. « Comment ça prend forme à l’intérieur de chacun, ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. J’aime creuser pour ramener la personne à travers les romans, les trois romans que j’ai écrits, c’est un peu ça. Ma façon d’écrire incite à une introspection. Même si c’est un roman, ça va rejoindre chaque personne dans ce qu’il y a de plus intime. Ce sont les zones d’intimité personnelle qui m’anime », nous explique l’autrice.
Ayant entendu beaucoup d’histoires dans sa vie en consultation, elle puise dans un grand bassin d’inspiration. Ses questionnements personnels l’inspirent aussi. À partir d’une histoire racontée, le lecteur peut faire sa propre rétrospection.
Son dernier roman : Dans l’inconscient du château
Qu’est-ce qu’on retrouve dans ce roman ? « Ce livre-là, il est assez particulier, je suis partie de l’idée que nous revenons sur terre pour apprendre. Les leçons de vie, et bien plus. Ces apprentissages-là se traduiraient sous forme de défi. Alors c’est à partir de cette idée-là que l’histoire commence vraiment où cette âme-là est torturée. Elle a beaucoup de vies à son actif, mais ce sont des vies où elle a accumulé des échecs parce qu’elle a manqué d’humanité, qu’elle a fermé son cœur, qu’elle n’a pas vécu les situations relationnelles de façon très heureuse. Elle est partie avec ce bagage d’échecs relationnels. Toujours sous forme masculine. Et là, cette âme-là s’est donné le défi de s’incarner dans une âme féminine pour vraiment aborder l’humanité et la sensibilité différemment », raconte Marie-Sylvie Dionne.
Pour l’autrice, beaucoup de gens pourront se redécouvrir dans leur espace d’enfance blessée. On y découvre que, malgré tout ce qui a pu nous arriver dans une vie, dans l’enfance ou autre, on peut s’en sortir parce qu’on a tous une capacité à la résilience. On a une capacité de rebondir si on en devient conscient. Alors c’est un peu ça qui est mis de l’avant parce que l’héroïne va chuter très profondément, mais elle va se relever. C’est comme un parcours. Puis, effectivement, ça se termine tout le temps vers quelque chose de lumineux.
C’est important pour elle de donner cet espoir-là. C’est une fiction psychologique, mais c’est à la fois un livre initiatique qu’on peut tous s’approprier parce que c’est très intime. Ça apporte à la réflexion sur notre propre résilience, sur l’amour, c’est le sens de la vie. C’est le pouvoir qu’on a sur nos vies afin de les rendre plus nobles et de se libérer des limites que nous impose notre environnement familial ou culturel, mais aussi les limites qu’on s’impose soi-même.
Synopsis
Dans l’inconscient du château est un roman profondément introspectif, plongez dans un univers où réalité et imaginaire s’entrelacent. À travers une narration poétique et symbolique, l’auteure explore les thèmes de la résilience, de l’amour, de la quête de sens et de la rédemption. La protagoniste, une âme au lourd karma, revient sur terre en quête de libération. Son parcours ne sera pas de tout repos. Elle sera confrontée à des blessures d’enfance, des choix de vie difficiles et fera des rencontres marquantes. Une œuvre qui invite à réfléchir sur la condition humaine et à embrasser nos vulnérabilités.
Éditions Libre Rivage