Le monde à l’envers, c’est fou!

Le monde à l’envers, c’est fou!
Culture

U, d’Ugo Monticone

«U n’avait qu’un seul but: trouver la maladie qui lui sauverait la vie». Ugo Monticone signe son dernier livre, un deuxième roman. Après l’écriture de récits de voyage, le curieux voyageur laurentien se lance dans l’imaginaire déroutant de l’absurde.

U c’est un monde de folie; un style de vie en mode fou. À la recherche d’un quelconque rayon de bonheur, U le héros, atterris dans un asile de fous. Il y sera piqué par un médecin fou, cherchant une maladie à son remède. Pris dans le piège délirant de la médecine, U devra participer à la recherche de la mystérieuse maladie donnant une raison d’être au remède. Nous voilà donc piqué à notre tour, par le style éclaté mais non moins véridique de l’écriture de Ugo Monticone, sur le chemin de la mission de U: «trouver la maladie qui lui sauverait la vie».

Dès lors nous sommes en présence de personnages questionnant U sur le monde, questionnant le monde (le lecteur) sur le comportement de U. La supériorité de l’Homme; la détresse de l’homme; le hasard; les psy, les socio, les «logues» pour se loguer sur quelque chose; la dé-responsabilisation de l’humanité; la mort sur terre ou la mort dans la tête; des femmes et de l’amour bien évidemment; de la sédentarité; de l’acte de la guerre; de l’échec; de la cigarette qui aspire le fumeur; de l’environnement; des relations humaines et «déshumaines»; du pouvoir des blessures; du remède sans maladie ou de la maladie sans remède. Ce sont là les obstacles qui mèneront U à la découverte de sa maladie. Et là est le génie de l’auteur: moins d’une centaine de pages pour rassembler tout ce bric-à-brac de l’incohérence humaine. Mettre le monde à l’envers c’est vouloir y trouver un ordre.

Comparé aux écrits de Boris Vian, ce court roman ne se joue pas seulement de l’homme mais aussi du langage. Le rapport des mots aux choses est présent tout au long de la mission de U. Calembours, mots-valises et anthropomorphisme nous rappellent l’univers absurde du célèbre auteur français, Vian. Mais là s’arrête la comparaison. Ugo Monticone a une écriture bien à lui, qui simplifie le compliqué; qui aide à mieux voir le mal fou qu’on se donne pour «essayer» de se simplifier la vie.

Pour ajouter à cette grande fresque de notre réalité, Ugo Monticone vous invite à assister au LANCEMENT DE SON LIVRE qui aura lieu le JEUDI 23 NOVEMBRE de 17h à 19h, à la Clinique du docteur Van DerSchmitt, située au Méridien 74, (ex-Église Ste-Marcelle) 181 rue Brière, à SAINT-JÉRÔME. Toute l’église sera transformée en clinique de fou pour l’occasion. Déguisez-vous en conséquence! Au menu: Bodypainting, peintures en direct, projections vidéo, musique live, extrait théâtral… Le tout, gratuit. Venez en grand nombre célébrer cette gran’ messe de la folie!

L’excellente revue québécoise L’Actualité publiait ces dernières semaines un article sur les livres à lire au secondaire. L’article intitulé «À lire avant 18 ans» posait la question suivante: «Quels sont les cinq romans que les jeunes devraient avoir lus en terminant le secondaire?». Des personnalités, des écrivains et des professeurs de français y ont répondus. Intéressant, surprenant à quelques reprises. J’ai voulu moi aussi y répondre … dans mon salon. J’ai répondu, entre autres, U de Ugo Monticone. Riche d’une expérience de globe-trotter, impliqué auprès des jeunes et maniant très bien la plume, ce jeune auteur peut apporter beaucoup aux jeunes québécois – et moins jeunes – autant sur plan littéraire que sur plan philosophique, individuel et social. «Le but de la vie est d’avoir la vie comme but».

Ugo Monticone

U
Éditions du CRAM, 2006

94 p., 14,95 $

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