(Photo : Charlotte Ghomeshi)
Documentation Love is the funeral pyre where the heart must lay its body créée pendant sa résidence à Casa Lü (Mexique) et présentée à Artch à Montréal en 2023.
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Portrait de Charlotte Ghomeshi : L’art comme un pont à ses origines

Par Marie-Catherine Goudreau

Charlotte Ghomeshi est une artiste visuelle originaire de Saint-Sauveur. À travers ses oeuvres en photographie et en vidéo, Charlotte explore ses origines, la relation de l’humain avec l’environnement et ses liens familiaux.

En avril dernier, elle a participé à la Plural : Foire d’art contemporain à Montréal. Cette foire « célèbre le meilleur de l’art contemporain au Canada ». L’édition 2024 a accueilli 46 galeries en provenance de 7 villes canadiennes. Cette année, la foire a ouvert un volet pour les galeries ou projets « atypiques », dont Charlotte faisait partie.

Charlotte Ghomeshi (Photo : Brice Heude-Alarie)

La vulnérabilité de ses origines 

On retrouve dans ses oeuvres un côté très personnel. Puis, la nature est souvent présente. « Je viens presque toujours dans les Laurentides pour réaliser mes projets », dit-elle. À travers ses dernières oeuvres, l’artiste a exploré ses origines italiennes, iraniennes et québécoises. « J’essaie de comprendre d’où je viens. Quand j’étais jeune, c’était difficile d’accepter mes origines iraniennes. Je les ai toujours mises de côté. Mais avec le temps et en arrivant à Montréal, j’essaye de retrouver ma culture », souligne-t-elle.

Dans une série de portraits très personnels nommée I lay my wing as a bridge to youelle met en scène ses parents et sa famille. Dans une vidéo de 27 minutes, elle a fait des portraits de plusieurs membres de sa famille où chacun réincarnait un membre de la famille qui est décédé. « Par exemple, j’ai filmé mon père en train de porter une toge que mon grand-père a porté lorsqu’il a rencontré le shah d’Iran. Il écoute une musique que son oncle chante et fume un joint, parce que mon grand-père devait fumer beaucoup puisqu’il avait le cancer. »

Dans un autre portrait très intime de cette même série, on voit la mère de Charlotte qui porte la robe de sa propre mère en écoutant la musique qu’elle écoutait. « Ça faisait quelques mois que ma grand-mère était décédée, alors c’était très émotif. Je pense que je cherche cette émotion de vulnérabilité. Tout est fait avec douceur et mon équipe vidéo est petite. On essaye d’être respectueux avec les protagonistes », explique Charlotte.

Dans un autre volet de son art, elle explore la relation entre l’humain et son environnement. « Au lieu de faire partie de la nature, on essaie souvent de la posséder. On voit plus d’éléments de nature dans ces projets. »

Une famille artistique

Charlotte a commencé la photo dans sa jeunesse à l’école secondaire en photographiant principalement ses amis et du sport, puisqu’elle était dans le programme de ski. « Je faisais vraiment ça pour le plaisir. Ce n’était pas un métier que je pensais possible », raconte-t-elle.

Ayant une famille d’artistes, son père l’a encouragée à poursuivre ses études en communication photos et vidéos. C’est au cégep qu’elle a commencé à faire plus sérieusement de la photographie et a même poursuivi ses études pour un baccalauréat en photographie à l’Université Concordia.

« Comme je suis née dans une famille musicale, ç’a été naturel pour moi d’être dans l’art et d’aller dans l’art. Ils m’ont supportée dans l’achat de ma première caméra. Mon père, qui travaille dans la musique, m’a donné l’opportunité de réaliser mon premier vidéoclip pour un de ses artistes. Puis, de l’autre côté, ma mère a toujours aimé les arts visuels et m’a introduite à cela », décrit-elle.

Chaque coeur est d’abord apprenti #2 (présenté au Centre d’artistes Caravansérail en 2023, photo prise à Sainte-Anne-des-Lacs)

La musique et le mouvement

« Ce que j’aime de la vidéo, c’est l’ajout du son – ce que la photo n’a pas. Je viens d’une famille musicale alors c’est quelque chose qui a toujours été important pour moi. Je traite mes vidéos comme une photo : il n’y a pas vraiment de mouvement de caméra, c’est plus le personnage qui va bouger un peu. C’est le son qui vient créer le mouvement », souligne Charlotte.

En photo, elle utilise souvent les caméras argentiques et une caméra grand format. « Ce sont des grosses caméras. Je vois la photo à l’envers, je dois mettre un tissu par dessus ma tête pour prendre la photo. Il y a la lenteur du processus que j’aime », rapporte-elle.

Au mois de mai, Charlotte quitte pour la résidence Est-Nord-Est à Saint-Jean-Port-Joli durant deux mois où elle va consacrer son temps à créer.

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