Sentiments partagés

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Culture

L’amour au temps du choléra

L’amour au temps du choléra est un film singulier. Normal, il s’inspire d’un roman tout aussi particulier, de l’immense écrivain Gabriel Garcia Marquez. Mais il m’a laissé sur des sentiments partagés.

Le film de Mike Newell raconte l’histoire d’un homme qui, toute sa vie, espère un jour gagner (ou regagner) le cœur d’une femme qui l’a repoussé dans sa jeunesse. Initia­lement, Florentino Ariza (Unax Ugalde), jeune télégraphiste élevé par une mère compatissante (le père est décédé alors que l’enfant était tout jeune), parvient à conquérir le cœur de la fille d’un riche éleveur sud-américain. Fermina Urbino (Giovanna Mezzogiorno) accepte de se marier avec Florentino après une idylle secrète et périlleuse. Mais son père (Luis Fernando Hoyos) entend marier sa fille à plus «honorable» (ou plus riche, c’est selon). Il a de grands projets pour sa fille: il veut qu’elle fasse partie de la haute société sud-américaine, car l’histoire se déroule à Carthagène, il y a 150 ans.Il décampe donc plus d’un an dans la jungle pour soustraire sa fille des charmes du jeune homme. Et ça marche. Car la belle finira par se marier avec un jeune médecin, le dr Juvenal Urbino (Benjamin Bratt). Cette union, commencée pourtant au corps défendant de la jeune femme, finira par durer plus de 50 ans.

L’intérêt de cette histoire, c’est de voir comment l’amour de Florentino (Javier Bardem incarne Florentino adulte) pour Fermina demeurera intact durant toutes ces années. Cela dit, pour survivre à cette situation impossible (d’autant plus qu’il jure de ne pas s’attacher à une femme tant qu’il n’aura pas reconquis le cœur de son amour de jeunesse), Florentino accumulera les aventures! Il fera ainsi l’amour avec des centaines de femmes. Décrit comme cela, c’est un peu spécial. Mais ceux qui ont lu Garcia Marquez connaissent le style touffu, le foisonnement d’histoires enchevêtrées sur plusieurs décennies, qui caractérisent ses histoires. Malheureusement, ce style unique ne transparaît pas dans le film. Il faut dire qu’il s’agit presque d’un pari impossible. Le passage de Florentino de l’adolescence à l’âge adulte ainsi que certains maquillages censés vieillir les comédiens, passent parfois mal à l’écran. Et on peine à croire à cette histoire d’amour avortée. La passion qui animait les amoureux durant leur adolescence est montrée de façon superficielle. Et le rejet de Florentino, par Fermina, est peu crédible. Mais le film n’a pas que des défauts. Sur le plan visuel, il est tout simplement somptueux. Et les comédiens en mettent également plein la vue. Il faut donc prendre ce film pour ce qu’il n’a pas voulu être: un spectacle plus qu’agréable à consommer plutôt qu’un hommage senti à l’œuvre de Garcia Marquez. Car, à défaut de faire vibrer, L’amour au temps du choléra demeure un film magnifique.

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