Curatelle publique: Une augmentation de la clientèle

Photo de Sarah St-Denis
Par Sarah St-Denis
Curatelle publique: Une augmentation de la clientèle

Le curateur public du Québec, Me Normand Jutras, effectuait la semaine dernière une tournée de deux jours dans la région afin de sensibiliser la population aux enjeux qui la concerne.

En tête de liste, le toujours trop faible pourcentage de Québécois ayant rempli un mandat d’inaptitude. Disponible au www.curateur.gouv.qc.ca, ce document permet au signataire de choisir le mandataire qui sera chargé de la protection de sa personne ainsi que de l’administration de ses biens en cas d’inaptitude. À l’heure actuelle, seulement 36% de la population québécoise a apposée sa signature au bas du dit document, chiffre qui grimpe à 50% chez les 50 ans et plus.

Le curateur enregistre également une augmentation du nombre de personnes qu’il représente à hauteur de 2,2% depuis cinq ans, à l’exception de la dernière année pour laquelle l’augmentation se chiffre à 1,7%, diminution qu’il attribue en partie aux efforts de sensibilisation qui ont été faits par son organisation. Le vieillissement de la population en est sans surprise une des causes principales, amenant 50% de maladies dégénératives annuellement parmi les nouveaux cas.

Fait à noter, l’augmentation de 40% des patrimoines que le curateur doit administrer, phénomène qui s’expliquerait notamment par l’évolution des moeurs qui a ouvert la porte du marché du travail aux femmes.

Sensibiliser les familles

La sensibilisation des familles au sort de leurs proches, particulièrement lorsqu’ils sont âgés, fait partie des défis principaux auxquels doit faire face le Curateur public. En effet, la diminution du nombre d’enfants par famille depuis les dernières décennies et le fait qu’elles soient plus dispersées aujourd’hui que par le passé, ainsi que l’augmentation de l’isolement des personnes inaptes ne facilitent pas la tâche. Ajoutez à cela les cas possibles de discorde au sein d’une famille et il devient parfois difficile de trouver un membre de l’entourage qui voudra se charger de prendre soins d’une personne qui ne peut pas ou ne peut plus s’occuper d’elle-même.

Austérité

Le curateur a également profité de sa visite pour sonner l’alarme quant à la situation fragile de son organisation, à l’ère de l’austérité mise en place par le gouvernement libéral. Si les ressources humaines et financières actuelles couvrent de justesse les besoins de la population, la charge du Curateur augmente chaque année, a soutenu Me Jutras lors du point de presse.

«Il y a présentement un alourdissement de la tâche qui demande de plus en plus d’énergie car nous voyons une augmentation des cas et des patrimoines à gérer. Notre situation est fragilisée par l’augmentation de la clientèle mais aussi parce que les ressources dans le milieu le sont également, en raison du contexte de compressions auquel on doit faire face. La situation est difficile», soutient-il.

Dans les Laurentides

Dans la région des Laurentides, ce sont 2 470 personnes qui bénéficient des services du Curateur public. De ce nombre émergent des statistiques qui correspondent à l’ensemble du Québec: 41% sont des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, 31% présentent des problèmes de santé mentale, 19% ont une maladie dégénérative et 9% souffrent d’un traumatisme crânien ou autre.

En tout, le Curateur public compte 635 employés et 11 points de service à travers la province. Son budget pour l’année en cours est de 55 millions de dollars.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de